Le Portugal est sous le choc après le déraillement du funiculaire de Gloria, survenu mercredi en fin d’après-midi dans le centre historique de Lisbonne. L’accident a coûté la vie à au moins 15 personnes et fait une vingtaine de blessés, dont cinq dans un état critique. Plusieurs victimes étrangères figurent parmi les passagers de ce moyen de transport emblématique, classé monument national et prisé des touristes pour relier la place du Rossio aux quartiers du Bairro Alto et du Principe Real.
Les images diffusées par les télévisions locales montrent un wagon couché sur le flanc, gravement endommagé, au milieu d’une rue pentue près de l’avenue de la Liberté. Pompiers, police et services d’urgence médicale ont déployé un important dispositif pour secourir les passagers piégés dans les débris. Selon des témoins, le véhicule aurait dévalé la pente « à toute vitesse » avant de percuter un immeuble, comme privé de freinage.
Ce n’est pas la première fois que le funiculaire de Gloria connaît un incident. En 2018 déjà, un déraillement avait mis en lumière de graves défauts d’entretien. Si aucun blessé n’avait alors été recensé, les experts avaient alerté sur des essieux en mauvais état et une maintenance jugée insuffisante.
Le maire de Lisbonne, Carlos Moedas, a dénoncé une « tragédie qui n’aurait jamais dû se produire », déclarant un deuil pour la ville. Le président Marcelo Rebelo de Sousa a exprimé sa « profonde tristesse » et le gouvernement a décrété une journée de deuil national. L’Autorité de mobilité et de transport a annoncé une supervision urgente des installations, tandis que la police judiciaire et le parquet ont ouvert une enquête pour déterminer les causes exactes de la catastrophe.
Cet accident relance le débat sur la gestion et la sous-traitance de la maintenance des funiculaires de Lisbonne, construits à la fin du XIXe siècle. La compagnie publique Carris affirme avoir respecté tous les protocoles de sécurité, mais les syndicats de travailleurs pointent depuis longtemps des négligences. Un lourd climat de suspicion plane désormais sur la fiabilité de ce patrimoine historique, qui transporte chaque année des millions de passagers.

