Les routes urbaines marocaines ont de nouveau payé un lourd tribut. En une seule semaine, du 5 au 11 janvier, vingt-trois personnes ont perdu la vie et 2.786 autres ont été blessées, dont 97 grièvement, dans 2.113 accidents de la circulation enregistrés dans les villes du Royaume, selon les données de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN). Ces chiffres confirment une pression constante sur la sécurité routière en milieu urbain, où la densité du trafic et les comportements à risque continuent de provoquer des drames humains presque quotidiens.
L’analyse des causes révèle un cocktail de négligences et d’infractions répétées. L’inattention des conducteurs arrive en tête, suivie du non-respect de la priorité et du défaut de maîtrise du véhicule. L’imprudence des piétons figure également parmi les facteurs majeurs, tout comme l’excès de vitesse et le non-respect des distances de sécurité. À cela s’ajoutent des comportements plus graves encore : franchissement des feux rouges, circulation en sens interdit, changements de direction interdits ou sans signalisation, dépassements dangereux et conduite sous l’emprise de l’alcool. Autant de manquements qui transforment les rues en zones à haut risque.
Face à cette situation, les services de la sûreté nationale ont intensifié leurs opérations de contrôle et de répression. Durant la même période, 45.293 infractions ont été relevées. Sur ce total, 6.503 procès-verbaux ont été transmis au parquet, tandis que 38.790 amendes transactionnelles ont été directement recouvrées. Le montant global des contraventions encaissées atteint 8.656.075 dirhams, un niveau qui reflète l’ampleur des violations du code de la route.
Les mesures coercitives ont également touché le parc automobile. Pas moins de 4.681 véhicules ont été placés en fourrière, 6.503 documents retirés et 513 véhicules immobilisés, signe que les autorités cherchent à frapper au portefeuille et à la mobilité pour freiner les comportements dangereux. Ces chiffres montrent une volonté de contrôle accru, mais ils soulignent aussi la persistance d’une indiscipline routière qui continue de coûter des vies.
Derrière ces statistiques se cachent des familles endeuillées, des blessés parfois marqués à vie et un système de santé mis sous pression. La répétition de tels bilans hebdomadaires rappelle que la sécurité routière reste l’un des défis majeurs des grandes agglomérations marocaines, où la prévention, l’éducation et le respect des règles demeurent les seuls remparts durables contre l’hécatombe.


