Le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed El Bouari, a présidé samedi à Ksar El Kébir le Conseil d’administration de l’Office régional de mise en valeur agricole du Loukkos (ORMVAL), consacré au bilan des réalisations de 2025 et au suivi de l’exécution du budget 2026. La réunion a également permis de faire le point sur plusieurs projets d’irrigation et de développement agricole, dont un programme d’irrigation de complément des céréales de 5.000 hectares, doté de 700 millions de dirhams et destiné à plus de 7.000 agriculteurs dans la province de Larache.
La rencontre, tenue en présence notamment du gouverneur de la province de Larache, du président du Conseil provincial et du président de la Chambre d’agriculture de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, a mis en lumière le poids du périmètre du Loukkos dans la production agricole nationale. Ahmed El Bouari a souligné la contribution de cette région au développement de plusieurs filières et l’impact des investissements engagés pour renforcer son attractivité auprès des investisseurs agricoles et améliorer la valorisation des productions.
Le ministre a appelé à maintenir le rythme de modernisation des infrastructures hydro-agricoles et à renforcer la gestion durable de l’eau. L’objectif est de soutenir une agriculture à la fois plus productive, plus compétitive et mieux armée face aux contraintes liées aux ressources hydriques et aux évolutions climatiques.
Lors de la session, le directeur de l’ORMVAL a présenté les résultats techniques et financiers enregistrés en 2025 ainsi que l’état d’avancement des crédits inscrits au titre de 2026. Les membres du Conseil ont également examiné la progression des principaux programmes d’irrigation et de développement agricole déployés dans le périmètre d’intervention de l’Office.
L’année 2025 a notamment été marquée par la poursuite des investissements consacrés à la modernisation des réseaux hydro-agricoles et à l’amélioration de l’efficience de l’utilisation de l’eau. Dans le cadre du Programme national d’économie d’eau en irrigation, la deuxième tranche de conversion de l’irrigation par aspersion vers l’irrigation localisée s’est poursuivie sur 12.000 hectares. Les équipements externes affichent un taux de réalisation de 98%.
Le programme d’irrigation de complément des céréales a également avancé avec la conclusion des marchés portant sur 5.000 hectares. Des études sont par ailleurs en cours pour étendre le dispositif à 12.000 hectares supplémentaires, renforçant ainsi les perspectives de sécurisation de la production céréalière dans le périmètre du Loukkos.
Au niveau de Dar Khrofa, les opérations de remembrement ont atteint 12.000 hectares sur un programme global de 15.000 hectares. Les superficies désormais équipées en irrigation localisée dépassent, pour leur part, 42.000 hectares sur un total de 57.000 hectares de terres irriguées.
Les investissements ont aussi porté sur le développement des infrastructures et l’amélioration des conditions d’accès aux exploitations. Les travaux d’aménagement de la deuxième tranche du Pôle agricole du Loukkos ont été lancés, avec une finalisation prévue à l’horizon de fin 2027. En parallèle, les projets d’agriculture solidaire de nouvelle génération se poursuivent.
Le réseau routier agricole fait également l’objet d’un programme d’aménagement et d’entretien. Quelque 125 kilomètres de pistes ont déjà été concernés par les travaux, sur un programme total de 240 kilomètres. Ces infrastructures doivent faciliter l’accès aux exploitations, améliorer la circulation des produits et contribuer à leur commercialisation dans de meilleures conditions.
Sur le plan financier, l’ORMVAL affiche une exécution soutenue de son budget d’investissement pour l’exercice 2025. Le taux d’engagement a atteint 99%, tandis que le taux d’ordonnancement s’est établi à 74%, traduisant une dynamique importante dans la mise en œuvre des investissements programmés.
En marge du Conseil d’administration, Ahmed El Bouari s’est rendu sur plusieurs sites afin de suivre de près l’avancement de projets structurants relevant de la zone d’action de l’Office. À Dar Khrofa, le ministre a notamment donné le coup d’envoi aux travaux d’aménagement hydro-agricole du projet d’irrigation de complément des céréales, qui couvrira 5.000 hectares répartis entre huit communes de la province de Larache.
Mobilisant un investissement de 700 millions de dirhams, ce projet devrait bénéficier à plus de 7.000 agriculteurs, dont une majorité de petits exploitants. Il vise à optimiser l’utilisation des ressources en eau, à soutenir la production céréalière et à générer de nouvelles opportunités d’emploi. Le projet est également présenté comme un levier susceptible d’accompagner le développement économique et social du territoire.
Le directeur régional de l’agriculture de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Abdelkrim Kenfaoui, a mis en avant le potentiel de cette opération pour attirer de nouveaux investissements agricoles et favoriser la création d’emplois. Selon lui, l’irrigation complémentaire pourrait également encourager les agriculteurs à diversifier leurs productions en se tournant davantage vers les cultures oléagineuses et sucrières.
La visite ministérielle a également été marquée par le lancement d’une plateforme régionale dédiée à la multiplication de variétés de cactus résistantes à la cochenille. Le projet est porté dans le cadre d’un partenariat entre l’ORMVAL, la Direction régionale de l’agriculture de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et l’Institut national de la recherche agronomique (INRA).
Cette plateforme doit fournir des plants certifiés destinés au programme national de reconstitution des plantations de cactus décimées par la cochenille. Elle ambitionne ainsi de contribuer à la relance de la filière, à l’amélioration des revenus des agriculteurs et au développement durable des zones rurales concernées.
La directrice de l’INRA, Lamiae El Ghaouti, a précisé que l’Institut assure l’encadrement technique du projet et a mis à disposition sept variétés de cactus résistantes à ce ravageur. Quelque 2.200 plants ont déjà été mis en terre sur la plateforme, qui doit à terme contribuer à répondre aux besoins des agriculteurs marocains en plants adaptés à la reconstitution et à l’extension des plantations de cactus.
À travers ces différents programmes, le Loukkos poursuit la modernisation de son modèle agricole, avec un accent particulier sur l’économie de l’eau, l’irrigation, la diversification des cultures et le soutien aux petits exploitants. Les autorités agricoles entendent ainsi consolider le rôle de cette région dans la production nationale tout en renforçant la résilience et la compétitivité de son secteur agricole.

