Le Maroc poursuit l’accélération de sa transformation numérique avec une série de chantiers structurants portés par le ministère délégué chargé de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration. Intervenant lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, Amal El Fallah Seghrouchni a présenté un bilan marqué par l’avancement des programmes de gouvernement ouvert, la digitalisation des services publics et le déploiement de la stratégie « Maroc Digital 2030 ».
La ministre a indiqué que le Royaume a enregistré des taux de réalisation de 84 %, 83 % et 55 % dans le cadre des trois plans d’action nationaux liés au chantier du gouvernement ouvert. Cette dynamique a également permis au Maroc de renouveler son mandat au sein du comité directeur du Partenariat pour un gouvernement ouvert jusqu’en 2027, consolidant ainsi sa position parmi les pays engagés dans la modernisation de l’action publique et la transparence administrative.
Le département de la Transition numérique a, selon la ministre, mis en place un système de gouvernance participatif réunissant administrations publiques et société civile sur un pied d’égalité. Un espace numérique dédié aux associations a aussi été intégré au portail national du gouvernement ouvert, avec plus de 1.000 organisations marocaines déjà inscrites. Rabat a par ailleurs accueilli la Conférence africaine du gouvernement ouvert, qui a réuni plus de 400 responsables institutionnels, experts et représentants gouvernementaux venus de plusieurs pays africains.
Sur le volet de la réforme administrative, la ministre a souligné que les efforts se poursuivent pour simplifier et digitaliser les parcours des usagers. Le ministère accompagne les administrations à travers des outils méthodologiques et techniques visant à alléger les procédures. Plusieurs projets pilotes ont permis de réduire jusqu’à 45 % des documents exigés dans certaines démarches administratives. Un projet de loi consacré à la numérisation des services publics, à l’encadrement des usages de l’intelligence artificielle et à la protection des données est également en préparation.
Le chantier de la digitalisation s’appuie aussi sur de nouvelles plateformes numériques mutualisées. Le référentiel national des services publics numériques regroupe désormais plus de 600 services digitalisés, tandis que la nouvelle version de la plateforme « Idarati » couvre plus de 400 procédures prioritaires. Le ministère a également lancé l’application « IDARATI X.0 », basée sur un portefeuille numérique national sécurisé, ainsi que la plateforme « النواة », rattachée au réseau national des instituts Jazari, destinée à accélérer l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’administration marocaine.
Concernant la gestion des réclamations des citoyens, la ministre a mis en avant les résultats de la plateforme nationale unifiée « chikaya.ma ». Le portail compte actuellement 1.749 administrations adhérentes et a traité une part importante des réclamations déposées par les usagers. En 2025, plus de 163.000 plaintes y ont été enregistrées, avec un taux de traitement avoisinant les 70 % et un délai moyen de réponse de 16 jours.
La stratégie « Maroc Digital 2030 » constitue désormais l’un des principaux leviers du développement numérique national. Le gouvernement mise sur le soutien aux startups à travers une enveloppe dépassant 1,3 milliard de dirhams, l’extension du réseau Technopark et le renforcement du secteur de l’offshoring, dont les revenus ont franchi les 27 milliards de dirhams en 2025. Les autorités travaillent également sur la formation des compétences numériques, le développement des centres de données, le déploiement de la technologie 5G et l’élaboration d’une feuille de route nationale dédiée à l’intelligence artificielle.
Avec ces projets, le Maroc cherche à renforcer la qualité des services publics, soutenir l’économie numérique et positionner le Royaume comme un hub technologique régional en Afrique, dans un contexte marqué par la montée des usages liés à l’intelligence artificielle et à la transformation digitale des administrations.


