Le Maroc poursuit la mise en place du cadre juridique encadrant la filière du cannabis à usage licite. Vendredi 13 mars à Rabat, l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS) et l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRAC) ont signé un protocole d’accord visant à définir les modalités d’enregistrement des produits dérivés du cannabis destinés au marché national.
Le document a été paraphé par Samir Ahid, directeur général de l’AMMPS, et Mohamed El Guerrouj, directeur général de l’ANRAC. Cette coopération institutionnelle s’inscrit dans l’application de la loi n°13-21 relative aux usages licites du cannabis, adoptée afin d’encadrer la production, la transformation et la commercialisation de cette plante dans un cadre légal strict.
À travers ce protocole, les deux organismes entendent clarifier les procédures administratives liées à l’enregistrement des produits contenant des dérivés du cannabis. Le dispositif prévoit notamment la coordination entre les services chargés de l’examen des dossiers déposés par les opérateurs souhaitant introduire sur le marché des produits issus de cette filière.
L’AMMPS conserve un rôle central dans ce mécanisme. L’agence demeure l’autorité responsable de l’évaluation sanitaire et de la conformité des produits de santé. Sa mission consiste à garantir que les médicaments ou produits thérapeutiques mis sur le marché répondent aux normes de qualité et de sécurité exigées par la réglementation nationale.
La collaboration avec l’ANRAC vise aussi à fluidifier les démarches administratives. Les opérateurs engagés dans la production ou la transformation du cannabis à usage licite pourront bénéficier de procédures plus rapides pour le dépôt et le traitement des dossiers d’enregistrement. L’objectif est de faciliter l’émergence d’un marché réglementé tout en maintenant un niveau de contrôle élevé.
Depuis l’entrée en vigueur de la loi sur les usages licites du cannabis, le Maroc s’emploie à structurer progressivement cette filière. L’ANRAC supervise notamment les activités agricoles et industrielles liées à la culture et à la transformation de la plante. De son côté, l’AMMPS intervient dès lors que les produits issus du cannabis sont destinés à un usage médical, pharmaceutique ou sanitaire.
Le protocole signé à Rabat prévoit également des mécanismes de coordination pour veiller au respect des normes applicables aux produits dérivés du cannabis. Les deux institutions se sont engagées à renforcer les dispositifs de contrôle afin de garantir la traçabilité des produits et leur conformité aux exigences de santé publique.
Cette coopération marque une étape supplémentaire dans l’organisation administrative et sanitaire de la filière du cannabis au Maroc. Les autorités publiques misent sur un développement encadré, capable de soutenir l’activité économique tout en assurant la protection des consommateurs.
En associant l’expertise de l’agence du médicament et l’autorité de régulation du secteur, les pouvoirs publics cherchent à consolider un cadre transparent et aligné sur les standards internationaux. L’enjeu consiste à structurer durablement la filière nationale du cannabis à usage licite tout en préservant les impératifs de sécurité sanitaire.


