Le Maroc consolide sa place parmi les économies les plus attractives du continent et du monde arabe. Selon la deuxième édition du rapport Business Ready publiée par la Banque mondiale, le Royaume obtient un score global de 63,44 points sur 100, se classant deuxième en Afrique et dans le monde arabe. Cette performance le situe au-dessus de la moyenne mondiale, établie à 60,11 points, et confirme une dynamique de réformes qui commence à produire des résultats mesurables sur le climat des affaires.
Ce classement intervient dans un contexte méthodologique élargi. Le rapport 2025 évalue désormais 101 économies, contre 50 lors de la première édition. Près de 60 % des pays analysés affichent un niveau de revenu supérieur à celui du Maroc, ce qui renforce la portée du positionnement du Royaume. Par rapport à l’édition précédente, le score marocain progresse d’un point, traduisant une amélioration continue de l’environnement économique et institutionnel.
Le rapport Business Ready, qui succède officiellement à l’ancien Doing Business, examine l’ensemble du cycle de vie de l’entreprise à travers dix thématiques clés, allant de la création à la gestion des difficultés. Pour chacune d’elles, trois dimensions sont évaluées : le cadre réglementaire, la qualité des services publics et l’efficacité opérationnelle. Les deux premiers piliers reposent sur des données collectées auprès d’experts, tandis que le troisième s’appuie sur les résultats de l’enquête Enterprise Survey menée en 2023 auprès des entreprises.
Sur le plan réglementaire, le Maroc enregistre un score de 70,06 points, tandis que la qualité des services publics atteint 64,55 points. Plusieurs domaines tirent particulièrement la performance vers le haut. Les services d’utilité publique arrivent en tête avec 80,05 points, suivis du commerce international (74,5), de la création d’entreprise (73,95), de l’implantation des sociétés (73,82) et des services financiers (68,24). Ces résultats reflètent l’impact des efforts de simplification administrative, de digitalisation et de modernisation engagés ces dernières années, notamment dans le cadre de la feuille de route 2023-2026 pilotée par le Comité national de l’environnement des affaires.
La lecture du rapport met toutefois en évidence une fragilité persistante. Le pilier de l’efficacité opérationnelle recule à 55,7 points, contre 59,66 lors de la première édition. Cet écart illustre les difficultés rencontrées par les entreprises dans l’application concrète des règles : lenteurs administratives, coûts de conformité élevés et pratiques variables selon les administrations. La Banque mondiale souligne que la qualité des textes ne suffit plus à garantir la compétitivité d’une économie si leur mise en œuvre demeure inégale.
Ce décalage entre les réformes formelles et leur traduction sur le terrain constitue aujourd’hui l’un des principaux enjeux du climat des affaires au Maroc. Le rapport identifie notamment le marché du travail et la gestion des entreprises en difficulté comme des leviers stratégiques à renforcer pour stimuler l’investissement privé et soutenir la création d’emplois durables. À l’échelle internationale, les économies les mieux classées sont celles qui parviennent à réduire les frictions opérationnelles et à offrir aux entreprises un environnement prévisible et fluide.
Malgré ces défis, le positionnement régional du Royaume reste solide. Le Maroc se place juste derrière le Rwanda en Afrique et derrière Bahreïn dans le monde arabe, confirmant son rôle de pôle économique structurant dans ces deux espaces. Le rapport Business Ready dresse ainsi le portrait d’un pays doté d’un cadre réglementaire en progrès et de services publics en modernisation, mais encore confronté à l’exigence de transformer ses réformes en gains tangibles pour les acteurs économiques. La poursuite de cet effort conditionnera la capacité du Maroc à renforcer durablement son attractivité et sa compétitivité.


