L’organisation par le Maroc de la Coupe d’Afrique des Nations constitue bien plus qu’un rendez-vous sportif. Elle s’impose comme un signal clair adressé à la communauté internationale sur la capacité du Royaume à accueillir, gérer et valoriser des événements d’envergure mondiale. C’est le constat posé par Bakary Sambe, président du Timbuktu Institute, dans une analyse publiée par le centre basé à Dakar.
Dans ce texte intitulé « Le Maroc Africain : quand le sport forge la gloire de la diplomatie et du continent », l’analyste replace la CAN 2025 dans une trajectoire plus large, pensée et construite sur le temps long. À ses yeux, l’événement dépasse largement le cadre du football pour incarner une vision stratégique du « Maroc africain », concept qu’il a développé dans son ouvrage paru en 2024. La compétition continentale devient ainsi un révélateur de la place singulière qu’occupe aujourd’hui le Royaume sur l’échiquier africain et international.
La tenue de la CAN 2025 illustre, selon lui, le choix africain assumé et irréversible opéré par le Maroc sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Cette orientation s’est traduite par une diplomatie active sur le continent, des partenariats économiques structurants et une présence renforcée dans plusieurs secteurs stratégiques, du développement humain aux infrastructures. Le sport, loin d’être accessoire, s’inscrit pleinement dans cette dynamique en offrant une vitrine concrète des capacités organisationnelles du Royaume.
Bakary Sambe met particulièrement en avant la montée en puissance des infrastructures marocaines. Stades aux standards internationaux, plateformes aéroportuaires modernisées, réseau ferroviaire à grande vitesse : l’ensemble forme un écosystème cohérent, capable d’absorber des flux importants et de répondre aux exigences des grandes compétitions. Cette solidité logistique conforte, selon lui, l’ambition partagée d’une organisation conjointe de la Coupe du Monde 2030, dont la CAN apparaît comme une répétition grandeur nature.
Au-delà des chiffres et des équipements, l’analyste insiste sur la dimension symbolique de cette réussite annoncée. Le Maroc s’affirme, écrit-il, comme une « puissance-pont », enracinée dans son africanité tout en jouant un rôle de trait d’union entre l’Afrique, l’Europe et le reste du monde. Cette position intermédiaire confère au Royaume une capacité singulière à faciliter le dialogue, à attirer les investissements et à promouvoir une coopération continentale fondée sur des intérêts partagés.
La CAN 2025 s’inscrit ainsi dans une lecture plus large du projet marocain, où le sport devient un outil de diplomatie, de rayonnement et de confiance collective. Pour Bakary Sambe, cette africanité consciente et assumée place le Maroc parmi les acteurs clés de l’avenir du continent. L’Afrique n’y est plus perçue comme un simple cadre géographique, mais comme une vision structurante, portée par la conviction dans le potentiel humain africain et par une ambition continentale clairement affirmée.

