Canicule historique : l’Europe enregistre une surmortalité record et renforce les mesures d’urgence
La vague de chaleur meurtrière en Europe continue de produire des conséquences dramatiques. Selon des données officielles, plus de 10 500 décès supplémentaires ont été enregistrés dans 27 pays européens lors de l’épisode caniculaire exceptionnel qui a frappé l’ouest du continent à la fin du mois de juin. La France, l’Espagne et plusieurs autres États figurent parmi les pays les plus touchés par cette hausse inhabituelle de la mortalité.
Les chiffres publiés par le réseau européen EuroMOMO, soutenu par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), recensent les décès excédentaires toutes causes confondues durant cette période. Plus de 9 000 victimes étaient âgées de 65 ans ou plus, confirmant que les personnes âgées demeurent les plus vulnérables face aux températures extrêmes.
Les spécialistes rappellent que les fortes chaleurs peuvent provoquer des coups de chaleur, mais également aggraver les maladies cardiovasculaires et respiratoires. Le docteur Lasse Vestergaard, responsable scientifique de l’Institut Statens Serum au Danemark, estime que cette hausse de la mortalité est « inhabituelle » à cette période de l’année et qu’il est difficile de l’expliquer autrement que par l’intensité exceptionnelle de la chaleur. D’autres chercheurs invitent toutefois à la prudence, estimant que d’autres facteurs, notamment une nouvelle circulation du Covid-19, pourraient également avoir contribué à cette surmortalité.
La France renforce son dispositif face à une nouvelle canicule
La France fait partie des pays les plus exposés. Les autorités ont placé près de 26 millions de personnes en vigilance rouge, le niveau d’alerte le plus élevé, couvrant désormais 37 départements. Cette troisième vague de chaleur en seulement deux mois devrait se poursuivre jusqu’au milieu de la semaine.

Les fortes températures alimentent également une recrudescence des incendies de forêt. Depuis le début de l’année, plus de 25 000 hectares ont été ravagés par les flammes, soit près du double de la superficie détruite à la même période en 2025. Le président Emmanuel Macron a appelé la population à faire preuve de la plus grande vigilance afin d’éviter tout comportement susceptible de déclencher de nouveaux incendies.
Le Royaume-Uni et les États-Unis également sous pression
Au Royaume-Uni, les autorités météorologiques mettent en garde contre un risque « exceptionnel » d’incendies, notamment dans le sud de l’Angleterre et les Midlands. Les services de secours rappellent que la majorité des feux de végétation sont provoqués par des activités humaines, comme les barbecues abandonnés, les mégots de cigarette ou encore les bouteilles en verre laissées au soleil.
Aux États-Unis, la chaleur atteint également des niveaux historiques. Les villes de Salt Lake City (Utah) et Billings (Montana) ont enregistré 43 °C, un record absolu depuis le début des relevés météorologiques il y a plus de 150 ans. Ces températures extrêmes compliquent les opérations de lutte contre les incendies qui touchent plusieurs États de l’ouest du pays, notamment le Colorado et l’Utah.
Cette succession de records confirme que les épisodes de chaleur extrême deviennent plus fréquents et plus intenses. Les autorités sanitaires européennes appellent les populations à suivre les consignes de prévention, à limiter les déplacements durant les heures les plus chaudes et à protéger en priorité les personnes les plus fragiles.

