La hausse annoncée des carburants n’aura finalement pas attendu minuit. Dans plusieurs villes du Maroc, les nouveaux tarifs ont commencé à apparaître dès la soirée de dimanche, parfois avant 22 heures, provoquant un afflux de conducteurs vers les stations-service encore affichées aux anciens prix.
Prévenus dans la journée de l’augmentation imminente, de nombreux automobilistes se sont précipités pour faire le plein avant l’entrée en vigueur officielle de la hausse prévue dans la nuit de dimanche à lundi. Mais la ruée vers le « bon prix » aura été de courte durée : dans de nombreuses stations, les panneaux affichaient déjà les nouveaux tarifs en début de soirée.
Dans plusieurs points de vente, l’essence atteint désormais près de 14 dirhams le litre, tandis que le diesel dépasse 12 dirhams, confirmant une nouvelle pression sur le budget des automobilistes.
Selon des informations relayées au sein du secteur, les sociétés de distribution avaient informé les gérants de stations-service d’une augmentation imminente des prix à compter du 16 mars à partir de minuit. Les notifications transmises évoquaient une hausse d’environ 2 dirhams par litre pour le gasoil et 1,44 dirham pour l’essence.
Les professionnels du secteur rappellent toutefois que les stations-service ne décident pas des prix affichés à la pompe. Les gérants appliquent simplement les grilles tarifaires transmises par les sociétés distributrices, généralement quelques heures avant leur entrée en vigueur.
Au sein de la Fédération nationale des propriétaires, commerçants et gérants de stations-service, plusieurs responsables indiquent que les exploitants ont été informés le jour même, au même moment que l’opinion publique, sans marge de manœuvre sur la fixation des tarifs.
Cette nouvelle augmentation intervient dans un contexte international particulièrement tendu sur les marchés énergétiques. Les incertitudes liées aux tensions au Moyen-Orient, notamment autour de l’Iran, ainsi que les perturbations de certaines routes maritimes stratégiques pour l’acheminement du pétrole, alimentent la volatilité des cours.
Plusieurs analystes du marché pétrolier estiment que, si les tensions se prolongent, le prix du baril pourrait rapidement se rapprocher du seuil des 100 dollars. Pour des pays fortement dépendants des importations énergétiques comme le Maroc, ces fluctuations internationales se répercutent directement sur les prix à la pompe.


