La hausse est désormais effective. Depuis ce 1er avril à minuit, les prix des carburants ont été révisés à la hausse dans l’ensemble du Royaume, confirmant une nouvelle séquence de renchérissement dans un contexte international toujours sous tension.
Le gasoil enregistre une augmentation d’environ 1,70 dirham par litre, pour s’établir autour de 14,50 dirhams, contre 12,80 dirhams auparavant. L’essence suit la même tendance, avec une progression de près de 1,57 dirham, portant son prix à environ 15,50 dirhams le litre.
Cette révision intervient à peine deux semaines après une précédente hausse déjà marquée, confirmant une dynamique haussière alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient selon les professionnels. Depuis le début de cette séquence, le diesel a ainsi gagné plus de 3,70 dirhams par litre, tandis que l’essence affiche une augmentation cumulée avoisinant les 3 dirhams.
Sur le terrain, l’impact est immédiat. La hausse des prix à la pompe se répercute directement sur les coûts de transport, avec des effets attendus sur l’ensemble des chaînes de production et de distribution. En filigrane, c’est la question du pouvoir d’achat qui refait surface, dans un contexte déjà marqué par des pressions inflationnistes persistantes.
Face à cette situation, plusieurs formations politiques et organisations syndicales appellent à des mesures d’atténuation. Parmi les pistes avancées figurent une révision de la fiscalité appliquée aux carburants, notamment la TIC et la TVA, ainsi qu’un encadrement plus strict des marges pratiquées par les distributeurs.
Du côté des institutions, le Conseil de la concurrence a récemment renforcé son dispositif de suivi du secteur. L’instance présidée par Ahmed Rahhou a opté pour un passage à un monitoring mensuel du marché des carburants, contre un suivi trimestriel auparavant, dans un contexte où la transparence des prix reste un sujet sensible.
Parallèlement, l’Exécutif tente de contenir les effets de cette flambée sur certains produits stratégiques. Réunie le 30 mars à Rabat, la commission ministérielle chargée du suivi des répercussions des tensions au Moyen-Orient a acté le maintien du soutien au gaz butane, dont les prix internationaux ont bondi de plus de 68% en mars. Aucune augmentation de la bonbonne n’est prévue à ce stade.
Les autorités ont également confirmé la poursuite des mesures de soutien aux tarifs de l’électricité, afin de préserver les prix actuels pour les ménages. En complément, une aide exceptionnelle destinée aux professionnels du transport de marchandises et de voyageurs a été enclenchée, couvrant la période du 15 mars au 15 avril, après le traitement de plus de 87.000 demandes via la plateforme dédiée.
Dans ce contexte, cette nouvelle hausse des carburants pourrait relancer, une fois de plus, le débat sur la régulation du secteur et les leviers à activer pour amortir les chocs externes sur l’économie nationale.

