L’excédent commercial de la Chine a franchi un seuil historique en 2025, dépassant pour la première fois les 1 000 milliards de dollars, selon les derniers chiffres de l’administration des Douanes. Entre janvier et novembre, le solde positif des échanges avec le reste du monde s’est élevé à 1 080 milliards de dollars, confirmant la résilience des exportations chinoises malgré un recul marqué des livraisons vers les États-Unis.
En novembre, les exportations de la Chine ont progressé de 5,9 % par rapport à l’année précédente, dépassant les prévisions de Bloomberg qui tablaient sur une hausse de 4 %. Sur la même période, les exportations vers les États-Unis ont chuté de 28,6 %, à 33,8 milliards de dollars contre 47,3 milliards à la même période en 2024. Les experts soulignent que cette baisse a été largement compensée par l’essor des ventes chinoises vers d’autres marchés internationaux.
Le dynamisme des exportations intervient alors que la consommation intérieure reste atone. Les importations n’ont progressé que de 1,9 % en novembre, contre une prévision de 3 %, illustrant la faiblesse persistante de la demande domestique. Pour Zhiwei Zhang, président et économiste en chef chez Pinpoint Asset Management, “le rebond des exportations atténue la faiblesse de la demande intérieure”, même si la croissance économique a ralenti au quatrième trimestre, affectée par le secteur immobilier en difficulté.
La Chine fait face à un contexte économique complexe : un marché immobilier fragilisé, un taux de chômage élevé chez les jeunes, et un vieillissement rapide de la population. Le pays reste fortement dépendant de ses exportations, moteur historique de son économie, tandis que la consommation interne peine à soutenir la croissance. Les dirigeants chinois visent un objectif de croissance de 5 % en 2025 et prévoient une réunion stratégique cette semaine pour planifier l’économie nationale.
Les tensions commerciales avec les États-Unis ont marqué l’année, exacerbées par le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Un sommet en octobre entre Trump et Xi Jinping en Corée du Sud a permis d’annoncer des mesures temporaires de détente, mais les exportations vers les États-Unis sont restées globalement résilientes.
L’Europe observe cette dynamique avec inquiétude. La redistribution des produits chinois vers les marchés européens alimente des craintes de déséquilibres commerciaux. Le président français Emmanuel Macron, de retour de Pékin, a mis en garde contre de possibles droits de douane “dans les prochains mois” si la Chine ne stimule pas sa consommation intérieure pour réduire le déficit commercial avec l’Union européenne. Le protectionnisme américain redirige en effet massivement les flux chinois vers les marchés européens, souligne Macron.
Malgré ces tensions, la Chine reste un partenaire commercial clé pour l’Europe. Berlin et Pékin ont vu leurs relations se refroidir ces derniers mois, mais la Chine est redevenue en 2025 le premier partenaire commercial de l’Allemagne, dépassant les États-Unis, illustrant son poids économique mondial croissant.

