À quelques mois de sa mise en service, le futur Centre hospitalier universitaire Ibn Sina de Rabat entre dans une phase décisive. Une réunion de travail stratégique a récemment rassemblé les responsables du projet et les acteurs régionaux de la santé afin d’anticiper les conditions d’exploitation de cet établissement d’envergure.
Pensé comme un pilier du système hospitalier national, le complexe s’étendra sur plus de 190.000 m² et intégrera des infrastructures diversifiées : espaces verts, musée de la médecine, héliport pour les urgences et parkings d’une capacité de 1.300 places. Conçu selon des standards environnementaux avancés, le site sera doté de panneaux photovoltaïques, de systèmes de ventilation naturelle et de dispositifs de récupération des eaux pluviales.
Sur le plan médical, l’établissement ambitionne de proposer une offre de soins élargie et hautement spécialisée. Avec une capacité globale de 1.044 lits, dont 148 dédiés aux soins intensifs et à la réanimation, le CHU comprendra 31 blocs opératoires, 80 salles de consultation, ainsi que 25 unités d’imagerie. Des pôles spécifiques seront consacrés notamment à la gériatrie, à la médecine du sport, aux addictions et à la prise en charge des urgences, en plus d’unités spécialisées pour les grands brûlés, les pathologies respiratoires aiguës et l’insuffisance rénale.
L’architecture du projet reflète également son ambition. Doté d’une tour hospitalière de 33 étages avec deux niveaux en sous-sol, le complexe sera complété par un pôle médico-technique de cinq niveaux. Un bâtiment distinct de onze étages abritera les activités de la Ligue nationale de lutte contre les maladies cardiovasculaires. À cela s’ajoutent un centre de formation et de recherche, un espace de conférences ainsi qu’une résidence destinée aux étudiants et aux professionnels de santé.
Mais au-delà des infrastructures, les discussions ont surtout mis en lumière les défis humains et organisationnels. La question des ressources humaines apparaît centrale, avec la nécessité de combler les manques, d’optimiser les affectations et de structurer les responsabilités. Les conditions de travail, les mécanismes d’incitation et la qualité de l’accueil des patients ont également été largement débattus, tout comme la sécurisation et le fonctionnement des services d’urgence.
Lire aussi
Vidéo. Journée mondiale du rein : alerte sur la progression des maladies rénales au Maroc
Mobilisant un investissement supérieur à 6 milliards de dirhams, ce nouveau CHU est appelé à transformer en profondeur l’offre de soins dans la région Rabat–Salé–Kénitra. Il s’inscrit dans la continuité historique de l’hôpital Ibn Sina, inauguré en 1954, avec l’ambition de lui redonner son rôle central en matière de formation médicale, de recherche et de prise en charge hospitalière de référence.

