À l’occasion de la Journée mondiale du rein, célébrée le 12 mars, la Société Marocaine de Néphrologie (SMN) et AstraZeneca Maroc lancent un appel à renforcer la prévention et le dépistage des maladies rénales. Sous le mot d’ordre « Faire bouger les lignes pour la santé rénale », les deux partenaires plaident pour une détection plus précoce et un meilleur accès aux soins afin d’améliorer la prise en charge des patients atteints de maladie rénale chronique (MRC).
Au Maroc, l’ampleur du phénomène demeure préoccupante. La maladie rénale chronique toucherait entre 1,4 et 2,2 millions d’adultes, tandis que plus de 320 000 personnes souffrent d’insuffisance rénale, dont plus de 44 000 sont actuellement sous dialyse chronique. L’un des principaux défis réside dans le caractère souvent silencieux de la maladie : dans de nombreux cas, le diagnostic n’intervient qu’à un stade avancé, lorsque la dialyse ou la transplantation deviennent inévitables.
Face à cette situation, les spécialistes insistent sur l’importance d’une approche centrée sur la prévention et le dépistage précoce, notamment en médecine de premier recours. Des examens simples peuvent en effet permettre d’identifier les atteintes rénales avant l’apparition de symptômes. La mesure de la pression artérielle, une analyse sanguine et un test urinaire suffisent souvent à repérer les premiers signes de dysfonctionnement chez les personnes les plus exposées, notamment celles souffrant de diabète, d’hypertension ou de maladies cardiovasculaires.
La collaboration entre la SMN et AstraZeneca Maroc vise précisément à renforcer ce dépistage de proximité et à favoriser une prise en charge rapide et adaptée. L’objectif est d’orienter les patients vers des traitements fondés sur les recommandations scientifiques afin de ralentir l’évolution de la maladie, limiter les complications et réduire les hospitalisations.
Selon les spécialistes, une détection précoce permet également de diminuer le recours à la dialyse, un traitement lourd tant pour les patients que pour le système de santé. Outre l’impact sur la qualité de vie des malades et de leurs familles, cette approche pourrait aussi réduire l’empreinte environnementale des soins, la dialyse étant particulièrement consommatrice d’eau, d’énergie et de matériel médical.
Le Maroc fait face à une charge croissante de maladie rénale chronique
Pour le Pr Tarik Sqalli, ancien président de la Société Marocaine de Néphrologie, le pays dispose aujourd’hui de leviers d’action clairs. « Le Maroc fait face à une charge croissante de maladie rénale chronique. En renforçant le dépistage des populations à risque, en structurant les parcours de soins et en facilitant l’accès à des traitements validés scientifiquement, nous pouvons ralentir la progression de la maladie et améliorer les résultats pour les patients tout en allégeant la pression sur le système de santé », souligne-t-il.
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Même constat du côté d’AstraZeneca Maroc. Son directeur général, Amine Sekhri, rappelle que la maladie reste trop souvent diagnostiquée tardivement. « Il est temps de changer cette réalité. En collaboration avec la SMN et nos partenaires, nous voulons faire de la détection précoce et d’une prise en charge rapide une priorité, afin d’identifier plus tôt les patients à risque et d’améliorer durablement leur qualité de vie », explique-t-il.
La maladie reste trop souvent diagnostiquée tardivement et il est temps de changer cette réalité.
À l’échelle mondiale, la maladie rénale chronique concerne plus de 10 % de la population et pourrait devenir la cinquième cause de mortalité d’ici 2040. Les experts s’accordent cependant sur un point : un dépistage précoce et une prise en charge adaptée peuvent considérablement ralentir son évolution, réduisant à la fois les complications cardiovasculaires et le recours aux traitements lourds. Pour le Maroc, l’enjeu est désormais d’inscrire cette prévention au cœur du système de soins, afin d’éviter que des milliers de patients ne découvrent leur maladie trop tard.


