Près de deux millions de personnes ont été évacuées dans le sud de la Chine alors que le typhon Ragasa, l’un des plus puissants de l’année, s’abat sur la région, après avoir provoqué au moins 15 morts à Taïwan. Le phénomène, qui a récemment été le plus intense sur la planète cette année, a paralysé Hong Kong et de larges pans du sud de la Chine, après avoir balayé des îles reculées des Philippines et les régions montagneuses de Taïwan.
Le typhon, doté de vents de force ouragan, a déclenché des glissements de terrain, des inondations et des vagues gigantesques. En Taïwan, les autorités poursuivaient mercredi après-midi les recherches pour retrouver 17 personnes encore portées disparues, après l’effondrement d’un barrage naturel retenant un lac récemment formé. La rupture a libéré 68 millions de tonnes d’eau, inondant la commune de Guangfu, dans le comté de Hualien. Des images montrent des torrents s’engouffrant dans les rues, emportant des véhicules et obligeant les habitants à se réfugier aux étages supérieurs de leurs habitations. Les autorités avaient alerté depuis juillet sur le risque de débordement, mais le fort épisode pluvieux lié au typhon a précipité la catastrophe. Un pont majeur a également été emporté par la force des eaux.
Le sud de la Chine, déjà habitué aux typhons, fait face cette fois à un défi colossal. Hong Kong a vu ses rues inondées et des arbres arrachés par des rafales atteignant 168 km/h, tandis que des vagues massives ont submergé le lobby de l’hôtel Fullerton Ocean Park. À Macao, les rues sont noyées sous près d’un mètre de profondeur d’eau, et l’alerte maximale pour ouragan a été déclenchée, entraînant la fermeture des écoles, des transports publics et de l’aéroport. Les autorités de la province de Guangdong ont procédé à l’évacuation de 1,89 million de résidents, tandis que plus de 10 000 navires ont été déplacés pour se mettre à l’abri. À Shenzhen, les vents ont atteint 181 km/h, projetant d’énormes vagues contre les parcs côtiers et les bâtiments.
Malgré l’ampleur de la tempête, les villes de la région disposent d’infrastructures sophistiquées pour faire face aux phénomènes climatiques. Hong Kong, par exemple, s’appuie sur un réseau de drainage de 3,8 milliards de dollars qui a permis d’éviter des inondations majeures qui autrefois coûtaient des vies. Cette année, Ragasa est le neuvième typhon à frapper la région, illustrant la montée en intensité et en fréquence des tempêtes liées au réchauffement climatique. Johnny Chan, climatologue, rappelle que l’augmentation de la température des océans et de l’humidité atmosphérique alimente ces tempêtes, rendant les infrastructures urbaines existantes potentiellement insuffisantes face à ces événements extrêmes.
Les Philippines, déjà frappées par Ragasa équivalent à un ouragan de catégorie 5, font face à une reconstruction difficile. Au moins sept pêcheurs ont perdu la vie après le chavirement d’un bateau au large de Luzon. Un nouveau typhon, baptisé Opong, s’intensifie dans la région, soulignant que la saison des tempêtes n’est pas terminée.
Les autorités chinoises et locales restent mobilisées, avec plus de 38 000 pompiers prêts à intervenir et des mesures d’urgence mises en place pour limiter les pertes humaines et matérielles. Les habitants, habitués à ces phénomènes, témoignent de l’effort collectif et de la résilience face à des tempêtes de plus en plus imprévisibles et destructrices.

