À Rabat, le Maroc a réaffirmé sa volonté de placer la science et les données fiables au cœur de son système de santé, en s’inscrivant pleinement dans la dynamique internationale portée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tehraoui, a insisté sur la nécessité de renforcer la confiance dans les données scientifiques tout en intensifiant la lutte contre la désinformation sanitaire, devenue un enjeu majeur pour la santé publique.
Lors d’une rencontre consacrée à la coopération entre le Maroc et l’OMS, coprésidée avec le représentant de l’organisation, Mondher Letaief, le ministre a souligné que toute politique de santé efficace repose avant tout sur des données précises et des bases scientifiques solides. Cette orientation s’inscrit dans une stratégie nationale soutenue au plus haut niveau de l’État, visant à consolider la recherche scientifique et à valoriser le savoir dans le domaine de la santé.
Dans cette dynamique, le Maroc poursuit la structuration de son système de santé autour de la connaissance, en multipliant les initiatives dédiées à la recherche, à l’innovation et à l’exploitation des données scientifiques dans la prise de décision. L’accent est mis sur la création d’institutions spécialisées et sur le développement d’une culture scientifique capable de renforcer la qualité des politiques publiques.
Le ministre a également rappelé que la thématique retenue cette année pour la Journée mondiale de la santé, « Unissons-nous pour la santé, promouvons le rôle de la science », traduit une prise de conscience mondiale croissante de l’importance de la science dans la protection des populations. Le Maroc s’inscrit dans cette logique en poursuivant ses efforts pour renforcer la communication scientifique et contrer les effets des fausses informations qui peuvent fragiliser la santé publique.
Au-delà de cette orientation, le Royaume mise sur l’investissement dans la recherche et la coopération internationale pour garantir un accès équitable à des services de santé de qualité. La collaboration avec l’OMS constitue à cet égard un levier stratégique, permettant d’aligner les pratiques nationales sur les standards internationaux et de bénéficier d’une expertise reconnue.
La transformation numérique du système de santé occupe également une place centrale dans cette réforme. Le déploiement du Dossier Médical Partagé s’inscrit dans une logique de modernisation et d’équité, en facilitant l’accès aux soins et en améliorant la fluidité du parcours de santé pour les citoyens. Cette infrastructure vise à renforcer la transparence et à placer le patient au cœur du dispositif de soins.
Le Maroc affirme par ailleurs sa progression vers une plus grande souveraineté sanitaire. Le pays ambitionne d’atteindre le « niveau de maturité 3 » tel que défini par l’OMS, un indicateur qui reflète la capacité à produire, contrôler et garantir la qualité des produits de santé à l’échelle nationale.
Dans cette perspective, la création de l’Agence Marocaine des Médicaments et des Produits de Santé, ainsi que le développement de la plateforme biotechnologique « Marbio » à Benslimane, marquent des avancées significatives. Ces initiatives traduisent une volonté claire de ne plus dépendre exclusivement de l’importation, mais de développer des capacités de production locales, contribuant ainsi à renforcer la sécurité sanitaire du pays.
Du côté de l’OMS, Mondher Letaief a mis en avant l’importance d’une approche fondée sur les données probantes pour élaborer des politiques de santé efficaces. Il a souligné le rôle clé de la coopération entre les différents acteurs et la nécessité de renforcer la confiance du public dans les recommandations scientifiques.
La collaboration entre le Maroc et l’OMS a déjà permis des avancées concrètes, notamment avec la mise en place d’un centre collaborateur en santé reproductive à la Maternité des Orangers à Rabat. Ce centre est devenu un pôle de référence en matière de formation, de recherche et d’amélioration des soins. D’autres structures similaires sont en cours de développement, notamment dans les domaines du contrôle sanitaire aux frontières et de l’addictologie.
Cette rencontre a permis de faire le point sur les programmes de coopération en cours et d’examiner les perspectives futures, en cohérence avec les priorités nationales. Elle a également offert un espace d’échange entre les institutions publiques, les universités, le secteur privé et les partenaires internationaux, dans l’objectif de consolider une approche fondée sur la science.
En renforçant l’ancrage de la recherche et de l’innovation dans les politiques publiques, le Maroc entend poursuivre la modernisation de son système de santé et améliorer durablement la qualité des services offerts aux citoyens.


