L’économie marocaine a poursuivi sa trajectoire de consolidation en 2025, dans un contexte international marqué par une croissance mondiale modérée, la baisse des tensions inflationnistes et une stabilisation progressive des marchés des matières premières. Selon la Direction du Trésor et des Finances Extérieures (DTFE), la croissance nationale a accéléré pour atteindre 4,6 % en moyenne sur les quatre trimestres de l’année, tandis que la prévision annuelle est maintenue à 4,8 %, soit le niveau le plus élevé enregistré depuis 2017.
Cette dynamique a été soutenue par la reprise de l’agriculture, la bonne tenue des activités non agricoles, la baisse durable de l’inflation et l’amélioration de plusieurs équilibres macroéconomiques.
Une croissance portée par l’agriculture, l’industrie et les services
Après plusieurs années marquées par les aléas climatiques, le secteur agricole a enregistré une amélioration notable. La campagne agricole 2024-2025 s’est soldée par une production céréalière de 43 millions de quintaux, en hausse de 39 % par rapport à la campagne précédente. Cette progression a permis à la valeur ajoutée agricole de rebondir de 3,7 %, après une contraction de 4,5 % en 2024.
Les activités non agricoles ont également contribué à la croissance. Le secteur du bâtiment et des travaux publics a progressé de 8,2 %, soutenu par les grands projets d’infrastructures et les investissements liés à l’accueil de manifestations sportives internationales. L’industrie a poursuivi son redressement, avec une hausse de 4,1 % de la production industrielle et un taux d’utilisation des capacités de production porté à 78,7 %.
Le tourisme a, de son côté, confirmé son rôle moteur. Le Maroc a accueilli plus de 19,8 millions de visiteurs en 2025, dépassant les objectifs de la feuille de route touristique fixés pour 2026. Cette performance représente une progression de 13,7 % par rapport à l’année précédente. Le trafic aérien a suivi la même tendance, atteignant un record de 36,4 millions de passagers, en hausse de 11,1 %.
Commerce extérieur : un déficit plus important malgré des exportations dynamiques
Les échanges extérieurs ont connu une évolution contrastée. Le déficit du compte courant est estimé à 2,5 % du PIB en 2025, contre 1,2 % un an auparavant. Dans le même temps, le déficit commercial s’est aggravé de 15,8 %, pour atteindre 353,1 milliards de dirhams.
Cette évolution s’explique par une progression des importations de biens de 8 %, supérieure à celle des exportations, limitée à 2,8 %. Les ventes à l’étranger ont toutefois bénéficié de la bonne performance des phosphates et dérivés (+14,6 %) ainsi que de l’aéronautique (+10 %).
Parallèlement, plusieurs indicateurs financiers sont restés bien orientés. Les recettes voyages ont augmenté de 21,1 % pour atteindre 138,1 milliards de dirhams, tandis que les transferts des Marocains résidant à l’étranger ont progressé de 2,6 %, à 122 milliards de dirhams. Les flux nets d’investissements directs étrangers ont plus que doublé, atteignant 23,6 milliards de dirhams.
Grâce à cette dynamique, les avoirs officiels de réserve ont progressé de 18 % pour s’établir à 443,3 milliards de dirhams, représentant l’équivalent de cinq mois et vingt-et-un jours d’importations de biens et services.
Déficit budgétaire en recul et finances publiques sous contrôle
Les finances publiques ont poursuivi leur amélioration en 2025. Le déficit budgétaire s’est établi à 60,5 milliards de dirhams, en baisse de 1 milliard de dirhams par rapport à 2024. Rapporté au PIB, il représente 3,5 %, contre 3,8 % un an auparavant.
Les recettes ordinaires ont atteint 424,2 milliards de dirhams, en progression de 14,2 %. Cette hausse a été portée principalement par les recettes fiscales, qui ont augmenté de 14,7 %, sous l’effet de la progression des impôts directs et indirects.
L’investissement public est resté soutenu, avec des dépenses d’investissement atteignant 125,3 milliards de dirhams, soit une hausse de 6,7 % par rapport à l’année précédente.
Dette du Trésor : un ratio en légère baisse
L’encours total de la dette du Trésor a atteint 1.145 milliards de dirhams à fin 2025, en hausse de 5,9 %. Malgré cette augmentation, le taux d’endettement a reculé de 0,5 point pour s’établir à 67,2 % du PIB.
La dette intérieure demeure largement dominante, représentant 73,8 % du portefeuille global contre 26,2 % pour la dette extérieure.
Inflation : retour durable à des niveaux modérés
L’un des faits marquants de l’année 2025 reste la poursuite du processus de désinflation. Après avoir atteint 6,6 % en 2022 puis 6,1 % en 2023, l’inflation moyenne s’est limitée à 0,8 % en 2025, après 0,9 % en 2024. Cette évolution reflète principalement la stabilisation des prix alimentaires et l’atténuation des tensions sur les produits hors alimentation.
Dans ce contexte, Bank Al-Maghrib a poursuivi l’assouplissement de sa politique monétaire afin de soutenir l’activité économique.
Emploi : 193.000 postes créés et baisse du chômage
Le marché du travail a affiché des signes d’amélioration. L’économie nationale a créé 193.000 emplois en 2025, contre 82.000 une année auparavant. Cette progression provient essentiellement des zones urbaines, qui ont généré 203.000 nouveaux postes.
Le taux de chômage a reculé à 13 %, contre 13,3 % en 2024. Le nombre de chômeurs a diminué d’environ 17.000 personnes pour s’établir à 1,621 million.
Une économie plus résiliente malgré un environnement mondial incertain
Les premiers résultats de 2025 confirment la capacité de l’économie marocaine à maintenir son rythme de croissance malgré les incertitudes internationales. La reprise agricole, le dynamisme du tourisme, la bonne tenue des activités industrielles et la maîtrise de l’inflation ont permis d’améliorer plusieurs indicateurs macroéconomiques. Si le creusement du déficit commercial demeure un point de vigilance, la solidité des réserves de change, la baisse du déficit budgétaire et le recul du chômage témoignent d’une économie plus résiliente et mieux préparée aux défis à venir.


