L’énergie se fait de plus en plus rare à Cuba, et la vie quotidienne des 9 millions d’habitants s’effrite sous le poids des coupures massives d’électricité, des pénuries de carburant et des perturbations des services essentiels.
Ce qui apparaissait comme un manque structurel d’énergie s’est transformé en crise humanitaire tangible, menaçant l’accès à l’eau, aux soins de santé, à l’alimentation et aux transports.
Le déficit de production électrique dépasse régulièrement 1 600 MW, atteignant parfois près de 1 800 MW par rapport à la demande nationale. Le réseau cubain, qui a une capacité de production maximale d’environ 3 200 MW, ne parvient plus à satisfaire les besoins des consommateurs, plongeant des régions entières dans l’obscurité pendant plus de 20 heures.
Dans la capitale cubaine, les coupures sont particulièrement sévères : certains quartiers ont connu jusqu’à 21 heures sans électricité dans une journée, avec seulement une poignée d’heures de service au petit matin ou tard dans la nuit. La crise énergétique est étroitement liée à la pénurie de carburant, à mesure que les importations se tarissent après l’arrêt des livraisons de pétrole en provenance du Venezuela, jadis principal fournisseur. Cette situation a conduit à l’épuisement du carburant pour l’aviation civile, selon des avis NOTAM officiels, rendant impossible le ravitaillement des avions dans les aéroports cubains jusqu’au moins mars 2026. Cette hausse du carburant et la pénurie de transport renchérissent l’offre sur le marché. Pour un pays qui dépend à hauteur de 80 % d’importations alimentaires, cette crise peut représenter un risque humanitaire pour une population dont 70 % vivent sous le seuil de pauvreté.
La pénurie d’énergie se répercute de façon dramatique sur les services publics vitaux. D’après le ministre de la Santé, le manque de carburant et d’électricité place le système de santé à la « limite », affectant les services d’urgence et les traitements des maladies chroniques. Dans de nombreuses régions, l’approvisionnement en eau potable est irrégulier, car les stations de pompage ne fonctionnent que lorsque l’électricité est disponible. Les appareils frigorifiques tombent en panne, entraînant une perte massive de denrées alimentaires, et de nombreuses familles se tournent vers des solutions alternatives comme le charbon de bois pour pallier l’absence chronique d’électricité.
La crise énergétique s’ajoute à un fonds de crise économique affectant le tourisme, pilier de l’économie cubaine. Plusieurs compagnies aériennes ont déjà suspendu leurs vols vers Cuba, réduisant les recettes étrangères.
Face à cette situation chronique, certains gouvernements, dont celui du Canada, préparent des plans d’assistance humanitaire, alors que l’Organisation des Nations Unies met en garde contre une crise majeure.
Ce lundi 23 février, le ministre des affaires étrangères, Bruno Rodríguez, a dénoncé « une escalade agressive » contre son pays devant la Commission sur le désarmement à Genève.
Devant l’expectative générale, le pays est confronté à l’un des pires chocs énergétiques de son histoire.


