La justice française a annoncé, mardi, le placement en garde à vue de deux streamers connus sous les pseudonymes de Naruto et Safine, anciens partenaires de Jean Pormanove, décédé en août dernier alors qu’il diffusait un direct sur la plateforme Kick. Ces mesures s’inscrivent dans le cadre d’une enquête judiciaire ouverte fin 2024.
Selon le parquet de Nice, Owen Cenazandotti, alias Naruto, et Safine Hamadi ont été convoqués par la police judiciaire pour répondre de plusieurs chefs d’accusation, dont des violences en réunion, des faits commis avec usage d’armes sans incapacité totale de travail, des abus de faiblesse, ainsi que des infractions liées à la provocation à la haine et à la diffusion d’images violentes.
Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, précise que ces auditions constituent une reprise des gardes à vue dans le cadre de l’enquête préliminaire déclenchée en décembre 2024, après la diffusion sur les réseaux sociaux de contenus mettant en scène des actes de maltraitance lors de directs suivis par des centaines de milliers d’internautes.
Les faits concernent Raphaël Graven, connu sous le nom de Jean Pormanove, qui apparaissait régulièrement dans des vidéos diffusées en direct, où il était exposé à des humiliations et à des comportements violents. Ces images avaient suscité une vive polémique et conduit la justice à s’autosaisir du dossier.
Une première vague de gardes à vue avait eu lieu en janvier 2025, avant que les trois streamers impliqués ne soient relâchés sans poursuites à ce stade. Ils avaient alors affirmé que ces séquences relevaient de mises en scène destinées à générer de l’audience et des revenus.
Le 18 août 2025, Raphaël Graven, âgé de 46 ans, est décédé au cours d’une diffusion en direct, après plus de douze jours de streaming continu. Une autopsie avait conclu que son décès n’était pas imputable à l’intervention d’un tiers, sans pour autant clore l’ensemble des investigations judiciaires autour des circonstances et du contexte de ces diffusions.
L’affaire relance le débat en France sur les dérives de certaines pratiques de streaming en direct et sur la responsabilité pénale des créateurs de contenus face à des situations de violence diffusées en ligne.

