Amina Barakat
Le monde artistique marocain est en deuil à l’annonce du décès d’Amina Barakat, figure emblématique du théâtre et de la télévision nationale. Elle s’est éteinte en laissant derrière elle une carrière riche et inspirante, façonnée aux côtés des plus grands noms de la scène marocaine.
Appartenant à la génération pionnière qui a accompagné les débuts de la télévision et du théâtre au Maroc, Amina Barakat a collaboré avec des troupes de renom, telles que celle du regretté Tayeb El Alj, du défunt Hassan El Joundi ou encore du maître dramatique Ahmed Taïeb El Saddiqi. Elle a également pris part à plusieurs grandes fresques scéniques mêlant mémoire, identité et création, contribuant ainsi à l’enrichissement du patrimoine culturel marocain.
Sa présence marquante à l’écran s’est illustrée dans des œuvres télévisées devenues cultes. Parmi ses rôles les plus remarqués figurent ceux dans Les Innocents (1985), Khamsa ou Khmiss (1988), Azz El Khayl Marabituha, Min Dar Li Dar réalisé par Abdelrahmane El Maanoui, ou encore L’Oktopus (2006). Le grand public la retrouve également dans plusieurs épisodes du programme judiciaire Moudaouala, où elle incarne avec justesse des personnages proches du réel.
Amina Barakat, c’est aussi une femme profondément enracinée dans son quartier de naissance, Derb Sultan, à Casablanca. Ce quartier populaire, riche d’une histoire artistique et sociale foisonnante, a été pour elle une source inépuisable d’inspiration. « Derb Sultan est une terre de mémoire et d’art. J’y ai grandi, j’y vis encore aujourd’hui, et je suis fière d’en être issue », confiait-elle avec émotion. Elle y a vu naître sa vocation et y est toujours restée fidèle.
Après un séjour en France qui l’a tenue quelque temps éloignée des plateaux, l’artiste avait fait son grand retour sur les planches marocaines. Animée par une volonté de transmission et de création, elle fonde sa propre troupe, Barakat Al Masrah, et reprend la scène avec des œuvres telles que L’Infirmière et le Docteur, qu’elle a elle-même écrite, mise en scène par Seddik Mekouar, ou encore Bint El Haj, une pièce où elle partageait l’affiche avec Ibrahim Khayi et Fatima Bassoour.
La disparition d’Amina Barakat a suscité une vive émotion sur les réseaux sociaux et dans le monde culturel. Les hommages se multiplient pour saluer la mémoire d’une comédienne discrète, engagée, dotée d’une grande sensibilité artistique et humaine. Son parcours force le respect par sa sincérité, son enracinement profond et son amour indéfectible pour l’art dramatique marocain dans ce qu’il a de plus authentique.
À sa famille, à ses proches et à l’ensemble de la communauté artistique du Royaume, nous adressons nos condoléances les plus sincères.


