Le chef du pôle Rabat-Kénitra de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, François Cuilhé, a annoncé une augmentation des frais de scolarité pour la prochaine rentrée, justifiée par la nécessité de maintenir la qualité de l’enseignement et la sécurité des élèves tout en optimisant les dépenses des établissements. Dans un courrier adressé aux familles, il a précisé que toutes les économies possibles avaient été envisagées afin de limiter l’impact financier et que l’État français couvre environ un tiers du coût réel de la scolarité, soit près de 1 800 euros par élève et par an. Cette hausse est présentée comme modérée et indépendante du projet de reconstruction du collège Collège Saint-Exupéry, estimé à 18,5 millions d’euros et financé par le fonds de réserve du pôle ainsi qu’un apport de 7 millions d’euros de l’AEFE.
Les associations de parents d’élèves (APE) de Rabat et Kénitra dénoncent cette décision et réclament un gel total des tarifs. Elles rappellent qu’au pôle Rabat-Kénitra, un fonds de réserve avoisinant 10 millions d’euros a été constitué au fil des années et pourrait couvrir largement les besoins financiers avancés pour justifier la hausse. Selon elles, l’impact de l’augmentation se limiterait à environ 3 500 dirhams supplémentaires par famille, mais toute hausse reste problématique pour l’accessibilité de l’école française au Maroc.
Les parents critiquent également le montant voté pour le projet du collège Saint-Exupéry, jugé très élevé par rapport aux coûts de construction locaux. Ils proposent la mise en place d’une cellule locale composée d’experts indépendants pour assurer un suivi technique et financier transparent. Selon eux, puisque ce sont les familles qui financent en grande partie ces projets, elles doivent pouvoir participer à leur évaluation et au chiffrage des investissements.
Les associations affirment rester mobilisées pour défendre une école française en gestion directe à Rabat, accessible, équitable et administrée avec rigueur, tout en appelant à un dialogue renforcé entre les autorités, la direction des établissements et les familles afin de concilier qualité pédagogique, maîtrise des coûts et équité financière.

