Dix jours pour décrocher des écrans et reconnecter avec la vraie vie. C’est le pari lancé par la France à partir de ce mardi 13 mai : un challenge national baptisé « Dix jours sans écrans », destiné aux jeunes et soutenu par Clara Chappaz, ministre française de l’Intelligence artificielle et du Numérique.
Objectif de l’opération : réduire le temps passé devant les écrans de loisirs – smartphones, tablettes, jeux vidéo, télévision – et encourager des activités plus équilibrées, en famille, à l’école ou au sein des collectivités. À la clé, une promesse : améliorer le bien-être, le sommeil, la concentration, et renouer avec les relations sociales directes.
L’expérience repose sur un carnet de bord ludique : chaque enfant y note ses efforts et cumule des points dès qu’il parvient à délaisser ses écrans. Une manière concrète de suivre les progrès et de transformer un défi individuel en aventure collective.
Cette initiative éducative ne tombe pas du ciel. En France, l’usage excessif du numérique par les jeunes est devenu un sujet brûlant, notamment face à la montée du harcèlement en ligne, aux violences verbales et à l’influence grandissante des algorithmes. La ministre Clara Chappaz, en première ligne sur ces enjeux, a d’ailleurs durci le ton ce week-end dans La Tribune Dimanche : elle plaide pour une interdiction d’accès aux réseaux sociaux avant 15 ans.
« Je refuse que les algorithmes élèvent nos enfants, qu’ils leur dictent ce qu’ils doivent voir, ressentir, à qui ils doivent ressembler », a-t-elle martelé, dénonçant une perte de repères numérique inquiétante.
Selon les organisateurs, dix jours suffisent pour amorcer un changement durable : assez long pour avoir un effet tangible, mais assez court pour rester motivant, y compris pour les familles les plus connectées. Une majorité de Français – 75% selon les sondages – soutient d’ailleurs l’idée de limiter l’accès aux réseaux sociaux en fonction de l’âge.
En somme, cette déconnexion temporaire veut semer les graines d’un équilibre durable, en misant sur l’engagement des écoles, des parents et des associations. Dix jours pour se prouver qu’on peut vivre mieux, sans notifications.

