Face aux interrogations suscitées par la réforme du système universitaire, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azzedine El Midaoui, a tenu à lever toute ambiguïté.
La gratuité des études universitaires reste un principe intangible. Intervenant devant la Commission parlementaire de l’enseignement, de la culture et de la communication, El Midaoui a rappelé que ce droit est garanti par la loi-cadre relative à l’éducation, à la formation et à la recherche scientifique, et qu’aucune révision de ce fondement n’est envisageable.
Lire aussi
Éducation nationale : le nouveau statut des fonctionnaires dépasse 17 milliards de dirhams
Le ministre a précisé que la notion de “temps aménagé”, parfois perçue à tort comme une remise en cause de la gratuité, s’inscrit simplement dans la continuité de pratiques déjà appliquées. Cette formule vise à élargir les possibilités d’apprentissage, notamment pour les salariés du public et du privé ou les adultes souhaitant suivre une formation complémentaire. Le nouveau projet de loi sur l’enseignement supérieur entend ainsi donner un cadre légal à des dispositifs déjà existants : la formation à distance, l’alternance, la formation continue et les programmes ouverts tout au long de la vie.
Azzedine El Midaoui a par ailleurs insisté sur la nécessité d’encadrer juridiquement les certificats de formation continue afin d’éviter toute confusion avec les diplômes universitaires classiques. Dans le passé, a-t-il rappelé, certains certificats ont été utilisés pour accéder à la fonction publique, provoquant de nombreux litiges. La mention “formation continue” deviendra désormais obligatoire sur ces documents afin de prévenir toute ambiguïté et de garantir la transparence du système.
Le ministre a également mis l’accent sur la transformation numérique de l’enseignement supérieur, un axe central de la réforme. Un schéma directeur national est en cours d’élaboration pour anticiper les besoins futurs, renforcer la justice territoriale et assurer une répartition équilibrée des infrastructures universitaires. En parallèle, une stratégie nationale de la recherche scientifique et de l’innovation sera déployée pour harmoniser les priorités, améliorer la coordination institutionnelle et renforcer la compétitivité du pays dans ce domaine.
Sur le plan de la gouvernance, Azzedine El Midaoui a annoncé la création d’un “Conseil des fiduciaires”, une instance stratégique chargée d’assurer la cohérence entre les politiques publiques et les projets universitaires. La réforme prévoit également un mécanisme d’évaluation du rendement des établissements, assorti d’un rapport annuel destiné au chef du gouvernement. Les présidents d’université et directeurs d’établissements devront désormais répondre à des cahiers des charges précis, tandis que les conseils universitaires verront leur composition ajustée pour garantir la parité entre membres élus et nommés.
Enfin, plusieurs mesures structurelles visent à renforcer l’efficacité administrative des universités : création de postes de vice-présidents supplémentaires, nomination de directeurs administratifs et financiers, et structuration officielle de la “filière” comme unité de référence pour la coordination pédagogique et scientifique. Autant de leviers destinés à moderniser un système appelé à concilier excellence académique, équité territoriale et gouvernance renouvelée.

