L’exécution de la loi de finances à fin décembre 2025 s’est soldée par un déficit budgétaire de 61,6 milliards de dirhams, selon les données publiées par la Trésorerie Générale du Royaume. Ce solde négatif reflète l’écart persistant entre les ressources ordinaires de l’État et le niveau des charges engagées au cours de l’année, dans un contexte marqué par la poursuite de l’effort d’investissement public et la gestion active de la dette.
D’après le rapport de la TGR relatif au quatrième trimestre 2025, les ressources ordinaires, hors emprunts, ont atteint 637,6 milliards de dirhams, tandis que les charges, hors amortissements de la dette, se sont élevées à 699,2 milliards de dirhams. Cet écart structurel explique l’ampleur du solde budgétaire négatif enregistré à la clôture de l’exercice.
En tenant compte des recettes d’emprunts, qui ont totalisé 126,1 milliards de dirhams, et des amortissements de la dette, arrêtés à 65,9 milliards de dirhams, l’exécution de la loi de finances fait apparaître un excédent des charges sur les ressources de 1,4 milliard de dirhams. Une situation qui traduit le poids croissant des engagements financiers de l’État, malgré une mobilisation soutenue des ressources.
Sur l’ensemble de l’année 2025, les ressources globales de l’État ont affiché un taux de réalisation de 116,1 % par rapport aux prévisions initiales de la loi de finances. Ce niveau de réalisation s’explique notamment par la bonne tenue des recettes, alors même que les arriérés de remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée ont atteint 32,8 milliards de dirhams et que les demandes de restitution de l’impôt sur les sociétés se sont établies à 3,5 milliards de dirhams, à fin décembre 2024.
Dans le détail, les ressources de l’État se répartissent entre des recettes ordinaires de 410 milliards de dirhams, des recettes d’emprunts à moyen et long termes de 126,1 milliards de dirhams, des recettes issues des comptes spéciaux du Trésor pour un montant de 224,3 milliards de dirhams, ainsi que des recettes des services de l’État gérés de manière autonome, qui se sont limitées à 3,4 milliards de dirhams. Cette structure confirme le rôle central des CST dans le financement de plusieurs politiques publiques.
Du côté des dépenses, les charges totales ont atteint un taux de réalisation de 106,1 %, traduisant une exécution globalement maîtrisée, mais soutenue. Les dépenses ordinaires du budget général se sont établies à 372,1 milliards de dirhams, tandis que les dépenses d’investissement ont atteint 129,4 milliards de dirhams, confirmant la priorité accordée aux projets structurants. À cela s’ajoutent les émissions des comptes spéciaux du Trésor, chiffrées à 194,8 milliards de dirhams, et les amortissements de la dette, qui représentent 65,9 milliards de dirhams.
Au final, ces chiffres traduisent une exécution budgétaire marquée par un effort continu de mobilisation des ressources et par la poursuite des engagements de l’État, dans un environnement financier exigeant. Le déficit budgétaire enregistré en 2025 rappelle les équilibres délicats auxquels font face les finances publiques, entre soutien à l’investissement, gestion de la dette et préservation de la soutenabilité budgétaire.

