À l’heure où Emmanuel Macron doit officialiser devant l’ONU la reconnaissance par la France de l’État de Palestine, plusieurs maires français ont choisi de hisser, lundi, le drapeau palestinien sur le fronton de leurs hôtels de ville, malgré les consignes de neutralité rappelées par le ministère de l’Intérieur.
À Nantes, la maire socialiste Johanna Rolland a annoncé sur X que la ville accompagnait cette décision “historique” en affichant les couleurs palestiniennes pour la journée. À Saint-Denis, le drapeau a été installé en présence du premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure. Le maire Mathieu Hanotin a souligné qu’il ne s’agissait pas d’un geste permanent mais d’un signe symbolique lié à l’acte de reconnaissance.
Dans le département voisin, le maire communiste de Stains, Azzédine Taïbi, a procédé au pavoisement, y associant le drapeau de l’ONU et celui de la paix. D’autres communes de la banlieue parisienne, comme Nanterre, Bagneux, Gennevilliers, Ivry-sur-Seine ou Corbeil-Essonnes, devaient suivre le même mouvement.
À Malakoff, la maire avait même anticipé l’initiative en installant dès vendredi un drapeau palestinien, maintenu en place malgré une injonction du tribunal administratif de Cergy-Pontoise saisie par le préfet des Hauts-de-Seine. À Lille, en revanche, le drapeau qui flottait depuis la mi-septembre, lors de la visite d’une délégation de Naplouse, a été retiré lundi matin à la demande du préfet.
Le ministre de l’Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau a rappelé aux préfets la nécessité de faire respecter le principe de neutralité des services publics. « L’État ne demande pas le pavoisement, il demande le non-pavoisement », a insisté Hugues Moutouh, secrétaire général du ministère.
Interrogé sur TF1, Jean-Noël Barrot, ministre démissionnaire des Affaires étrangères, a relativisé la polémique : « C’est un jour historique pour la paix et je ne souhaite pas qu’il soit instrumentalisé à des fins politiciennes. ».


