Les marchés de gros de fruits et légumes ont fait état cette semaine de prix fluctuants, dans un contexte où le secteur agricole marocain est marqué par les précipitations hivernales abondantes qui ont touché une grande partie du pays.
Au marché de gros de Casablanca, la tomate s’échange actuellement entre 2,50 et 4,50 dirhams/kg, tandis que la courgette atteint jusqu’à 7 dirhams/kg en prix maximum observé. Les carottes et l’oignon frais se situent autour de 4,50 dirhams/kg, et la pomme de terre entre 1,80 et 3,50 dirhams/kg, selon la qualité du produit ; le chou-fleur et le chou blanc oscillent autour de 1,00 à 2,00 dirhams/kg. Du côté des fruits, l’avocat affiche une fourchette large de 15 à 26 dirhams/kg, les bananes importées entre 9 et 14 dirhams/kg, et les pommes locales autour de 7 à 12 dirhams/kg. Ces niveaux reflètent une offre encore soutenue, mais des tensions apparaissent sur certaines filières sensibles.
Les pluies tombées cet hiver ont nettement reconfiguré la campagne agricole marocaine après plusieurs années de sécheresse, avec des précipitations qui ont dépassé les normes saisonnières et permis un remplissage accru des barrages à l’échelle nationale, mettant fin à un cycle de sept années de déficit hydrique. Les niveaux moyens de remplissage des réservoirs ont progressé à près de 46 % de leur capacité, avec certains barrages atteignant des niveaux proches de la saturation. Ces pluies ont été particulièrement bénéfiques pour les réserves d’eau et les cultures, même si l’excès d’eau peut aussi perturber certaines plantations et retarder les travaux agricoles.
Dans ce contexte, les prix des légumes de saison ont connu des variations plus marquées dans certaines catégories : plusieurs producteurs et commerçants expliquent que l’impact des pluies, en altérant ponctuellement l’accès aux champs ou la qualité de la marchandise, a contribué à des hausses temporaires observées sur certains produits, alors que l’offre reste abondante sur d’autres segments. Cette dynamique est conforme aux observations récentes selon lesquelles des précipitations importantes ont influencé la disponibilité et les cours sur les marchés marocains, notamment pour les racines et légumes sensibles à l’humidité.
Les pluies ont aussi suscité espoirs et inquiétudes au sein du secteur agricole : si elles allègent la pression hydrique sur les terres et réduisent les besoins en irrigation, elles peuvent aussi provoquer des saturations de sols ou des pertes ponctuelles de récoltes, avec des effets directs sur la productivité et les prix au détail.
Alors que le marché de gros de Casablanca continue de jouer un rôle central dans l’approvisionnement des grandes villes, les professionnels surveillent de près l’évolution des conditions climatiques et leurs répercussions sur les cycles de production et sur le pouvoir d’achat des consommateurs, dans un contexte où l’agriculture demeure un pilier essentiel de l’économie nationale.

