À la suite des déclarations de Youness Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, pointant du doigt des “retards dans le traitement des listes” et l’“arrachement” de la gestion des bourses des stagiaires à l’OFPPT, l’Office a publié une mise au point ferme. Dans un communiqué diffusé le 8 novembre, la directrice générale Loubna Tricha a tenu à rétablir les faits, rejetant toute responsabilité dans les dysfonctionnements évoqués et dénonçant des accusations jugées “infondées et contraires aux documents officiels”.
Selon l’Office, la gestion des bourses relève d’un dispositif partagé depuis 2017 entre l’OFPPT et la tutelle ministérielle. Cette procédure repose sur cinq étapes successives : l’envoi des listes d’apprenants éligibles, leur validation par le ministère, le transfert des fonds, le versement via la banque partenaire, puis la gestion des réclamations. L’Office assure avoir respecté scrupuleusement chaque étape, tout en maintenant un contact régulier avec les stagiaires bénéficiaires.
Le communiqué insiste sur le fait que les retards constatés dans le versement des bourses proviennent avant tout du ministère, en raison de “retards récurrents et significatifs” dans le transfert des enveloppes budgétaires. Entre 2018 et 2022, ces décalages auraient creusé une véritable “fissure financière”, contraignant l’OFPPT à avancer ses propres ressources pour garantir la continuité des paiements. En tout, l’établissement public affirme avoir mobilisé 968 millions de dirhams, dont 296 millions puisés directement dans son budget interne, soit près de 30 % du total des aides versées. Malgré de multiples correspondances adressées à la tutelle, ces avances n’ont toujours pas été remboursées.
L’Office indique recevoir encore des plaintes de stagiaires éligibles n’ayant pas perçu leurs bourses, conséquence directe, selon lui, de la lenteur administrative du ministère dans la validation des listes. “Les faits sont clairs : les retards ne relèvent pas de la gestion de l’OFPPT mais de la non-transmission à temps des listes validées”, insiste le communiqué, récusant ainsi toute mise en cause directe.
Autre point de friction : le terme “arrachement” employé par le ministre pour évoquer le transfert de la gestion des bourses. L’OFPPT juge cette expression inappropriée et rappelle qu’il s’agit d’un processus de réorganisation institutionnelle décidé d’un commun accord, dans le respect des compétences de chaque partie. Les procès-verbaux et échanges officiels, souligne-t-il, attestent qu’aucun grief n’a jamais été formulé contre sa gestion.
Au-delà du seul dossier des bourses, l’OFPPT dénonce un ensemble de retards budgétaires qui fragilisent son fonctionnement global. L’institution cite notamment la validation tardive de son budget annuel, qui perturbe la mise en œuvre de la feuille de route royale pour la formation professionnelle. Pour l’exercice 2025, bien que le budget ait été approuvé en avril, aucun décaissement n’avait encore été reçu début novembre. Cette situation a bloqué la réalisation de projets structurants estimés à 1,5 milliard de dirhams, notamment le déploiement des Cités des métiers et des compétences (CMC), dont certaines ouvertures – à Asfi, Guelmim et Marrakech – ont dû être différées.
Ce n’est qu’après des interventions du Chef du gouvernement et du ministère des Finances que les crédits ont été débloqués, permettant l’ouverture de la CMC de Dakhla-Oued Eddahab. Pour l’Office, ces lenteurs répétées mettent en péril la dynamique de modernisation du dispositif de formation professionnelle, au cœur des grands chantiers nationaux.
L’ OFPPT réaffirme son engagement total en faveur de la jeunesse marocaine, rappelant que la formation et l’insertion professionnelle demeurent une priorité nationale. L’Office dit vouloir poursuivre son action “dans un esprit de partenariat et de transparence” avec la tutelle, tout en appelant à une meilleure coordination pour garantir la régularité du versement des bourses et la réussite des réformes engagées.

