Recruté comme figure centrale d’un projet annoncé comme structurant, Hakim Ziyech se retrouve aujourd’hui plongé dans une instabilité qui dépasse largement le cadre sportif. Et forcément, une question s’impose : son aventure au WAC peut-elle déjà basculer ?
Le contexte a changé plus vite que prévu. À peine installé, Ziyech voit le socle sur lequel reposait son retour vaciller. Le départ annoncé du président Hicham Aït Menna, artisan direct de sa signature, vient fragiliser l’ensemble du projet. Ce n’est pas seulement une question de gouvernance, c’est une rupture de continuité. Dans ce type de situation, tout est remis à plat, des orientations sportives aux équilibres internes.
Sur le terrain, le Wydad Athletic Club ne donne aucun signal de stabilité. Les résultats se dégradent, la dynamique est négative et le club semble avancer sans cap clair. Dans cet environnement, l’apport de Hakim Ziyech reste forcément limité. Freiné par une blessure qui l’a éloigné plusieurs semaines, il n’a jamais réellement eu le temps d’imposer son rythme ni de structurer le jeu autour de lui. Son retour progressif n’a pas suffi à inverser une tendance qui dépasse largement sa seule influence.
Son arrivée, pourtant, portait un sens. À 32 ans, après un parcours européen dense, Ziyech avait fait le choix d’un retour au pays, dans un club à forte exposition, avec l’idée de s’inscrire dans un projet autant sportif que symbolique. Ce type de décision ne se fait pas à la légère. Elle suppose un cadre, une vision, une stabilité minimale. Aujourd’hui, ces éléments ne sont plus garantis.
La question d’un départ ne se pose pas encore de manière frontale, mais elle s’installe en filigrane. Contractuellement, rien ne l’impose. Sportivement, en revanche, l’incertitude ouvre toujours des perspectives. Un changement de direction entraîne souvent une redéfinition des priorités, et les joueurs les plus exposés deviennent mécaniquement des cas à part. Ziyech n’est pas un joueur de continuité dans l’effectif du Wydad, il est l’incarnation d’un projet précis. Si ce projet disparaît, sa place devient moins évidente.
Ce qui se joue aujourd’hui dépasse donc la simple question d’un transfert. Le vrai enjeu est ailleurs. Il tient dans la capacité du club à se redéfinir rapidement, à recréer un cadre cohérent et à offrir une trajectoire lisible. Sans cela, même les profils les plus expérimentés se retrouvent dans une zone grise.
Ziyech n’est pas encore sur le départ. Mais il évolue désormais dans un contexte qui, par nature, fragilise toute projection à moyen terme. Et dans ce type de climat, les histoires peuvent s’écourter sans véritable préavis.
Acta sequenda ?


