L’industrie manufacturière marocaine devrait retrouver un rythme de croissance au deuxième trimestre 2026. Selon les dernières enquêtes de conjoncture publiées par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), les entreprises du secteur anticipent une hausse de leur production, portée principalement par l’agroalimentaire, la chimie, l’automobile et la fabrication d’équipements électriques.
Cette dynamique attendue intervient après un premier trimestre marqué par une activité globalement stable dans l’industrie manufacturière. Les progressions enregistrées dans l’industrie chimique, l’habillement et les équipements électriques ont compensé le recul observé dans l’automobile, les produits métalliques ainsi que les industries du caoutchouc et du plastique.
Les industriels interrogés par le HCP restent relativement confiants pour les prochains mois malgré un environnement économique encore sous pression. Les carnets de commandes sont jugés à un niveau normal et le taux d’utilisation des capacités de production s’est établi à 74 %, signe que les usines fonctionnent à près des trois quarts de leur potentiel.
Dans le détail, la hausse attendue au deuxième trimestre devrait être soutenue par plusieurs branches stratégiques de l’économie marocaine. L’industrie alimentaire continue de bénéficier d’une demande soutenue, tandis que la chimie conserve une trajectoire favorable après plusieurs mois de progression. Le secteur automobile, pilier des exportations marocaines, devrait également retrouver de l’élan après le ralentissement observé au début de l’année. La fabrication d’équipements électriques figure elle aussi parmi les activités les mieux orientées.
Certaines branches restent toutefois en difficulté. Les entreprises du papier et du carton ainsi que celles du textile prévoient une baisse de leur activité durant cette période, dans un contexte marqué par les tensions sur les coûts de production et l’évolution de la demande internationale.
Sur le front de l’emploi, les perspectives demeurent prudentes. Les chefs d’entreprise de l’industrie manufacturière tablent globalement sur une stabilité des effectifs, traduisant une reprise encore mesurée de l’activité.
Les enquêtes du HCP mettent également en lumière les fragilités persistantes du tissu industriel. Près de 43 % des entreprises manufacturières déclarent avoir rencontré des difficultés d’approvisionnement en matières premières, notamment celles importées. Les tensions sur les chaînes logistiques continuent ainsi de peser sur une partie des industriels marocains.
La situation apparaît plus contrastée dans les autres secteurs industriels. L’industrie extractive devrait poursuivre son recul au deuxième trimestre, principalement en raison d’une baisse attendue de la production de phosphates. Les entreprises du secteur anticipent également une diminution des effectifs.
À l’inverse, l’industrie énergétique devrait afficher une progression grâce à l’augmentation de la production et de la distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné. Cette amélioration ne devrait toutefois pas se traduire par une hausse de l’emploi, les opérateurs du secteur prévoyant une réduction des effectifs.
Du côté de l’industrie environnementale, les perspectives restent stables aussi bien pour la production que pour l’emploi, notamment dans les activités liées au captage, au traitement et à la distribution d’eau.
Les données publiées par le HCP reflètent ainsi une économie industrielle marocaine à plusieurs vitesses. Certaines filières exportatrices et à forte valeur ajoutée montrent des signes de résilience, tandis que d’autres continuent de subir les effets du ralentissement de certains marchés et des tensions sur les intrants. Dans ce contexte, les prochains mois seront déterminants pour mesurer la capacité du secteur manufacturier à consolider sa reprise et à maintenir son rôle moteur dans l’économie nationale.


