L’inflation a poursuivi son repli en octobre 2025, atteignant l’un de ses niveaux les plus bas depuis plus de quatre ans. D’après les données du Haut-Commissariat au Plan (HCP), la progression de l’indice des prix à la consommation (IPC) n’est plus que de 0,1% sur un an, contre 0,4% en septembre. Cette nouvelle décélération s’accompagne d’une baisse mensuelle de 0,6%, portée avant tout par le recul des prix des produits alimentaires, en net retrait sur de nombreux postes.
Le mouvement désinflationniste, engagé depuis plusieurs mois, s’est manifesté avec force en octobre. Les prix des denrées alimentaires ont reculé de 1,3% par rapport à septembre, en raison notamment du repli des huiles et graisses (-3,7%), des viandes (-2,8%), des légumes (-1,4%), des poissons et fruits de mer (-1,3%), des fruits (-0,9%) et des produits de lait, fromage et œufs (-0,2%). Seul le segment du café, thé et cacao a enregistré une légère hausse de 0,2%. Les produits non alimentaires, eux, sont restés globalement stables, à l’exception d’un léger recul des carburants (-0,6%).
Sur le terrain, cette évolution s’est traduite différemment selon les régions. Les reculs les plus marqués de l’IPC ont été enregistrés à Al-Hoceïma (-1,5%), Settat et Safi (-1%), Tétouan et Beni-Mellal (-0,9%), ou encore Agadir et Marrakech (-0,8%). D’autres villes comme Tanger (-0,7%), Casablanca, Fès, Dakhla et Guelmim (-0,6%) ont également contribué à la tendance nationale. À l’inverse, Kénitra fait figure d’exception avec une petite hausse de 0,2%.
En comparaison annuelle, l’IPC s’inscrit désormais à 0,1%, résultat de la contraction des prix alimentaires (-0,3%) et d’une progression modérée des prix des produits non alimentaires (+0,4%). Dans cette dernière catégorie, les variations demeurent contrastées : le transport continue d’afficher une baisse marquée (-1,9%), tandis que les restaurants et hôtels restent orientés à la hausse (+2,4%).
Un autre indicateur clé confirme cette dynamique : l’inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils et les tarifs administrés, recule de 0,2% par rapport à septembre et d’autant par rapport à octobre 2024. Ce mouvement traduit une détente généralisée sur les prix, dans un contexte où les signaux inflationnistes se font de plus en plus rares.
La baisse mensuelle de l’IPC vient prolonger un mouvement déjà observé depuis le début de l’année. Sur les dix premiers mois de 2025, l’inflation moyenne s’établit à 0,8%, légèrement moins que celle enregistrée sur les neuf premiers mois. Le pays évolue donc dans un environnement de prix relativement apaisé, qui allège — du moins partiellement — la pression sur le pouvoir d’achat des ménages après plusieurs années de tensions sur les prix.
Dans un contexte économique où la stabilité des prix constitue un enjeu majeur, la confirmation de ce régime désinflationniste offre un peu d’oxygène aux foyers comme aux opérateurs. Reste à savoir si cette tendance se maintiendra durant les derniers mois de l’année, alors que plusieurs postes de consommation demeurent sensibles à des facteurs saisonniers ou externes.

