Marrakech est devenue, ce lundi, le centre névralgique de la coopération policière mondiale avec l’ouverture de la 93e session de l’Assemblée générale d’INTERPOL, un rendez-vous qui réunit les responsables de haut niveau et les chefs de police des 196 pays membres. Dès les premières minutes, l’importance stratégique de cette rencontre s’est imposée, portée par les interventions d’Abdellatif Hammouchi, directeur général de la Sûreté nationale et de la Surveillance du territoire, et d’Ahmed Naser Al-Raisi, président d’INTERPOL. Leur présence a donné le ton d’une semaine où se croisent enjeux sécuritaires, ambitions institutionnelles et coopération internationale.
Le lancement officiel, marqué par un protocole soigné, s’est tenu en présence de plusieurs figures marocaines de premier plan, dont le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit, le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita et le ministre délégué chargé du Budget Fouzi Lekjaa. À leurs côtés, le secrétaire général d’INTERPOL Valdecy Urquiza et des représentants d’organisations régionales ont rappelé, par leur participation, le rôle du Maroc dans l’architecture sécuritaire mondiale. Une vidéo retraçant la montée en puissance de la police marocaine a également été projetée, offrant un aperçu de l’évolution de ses méthodes, de la modernisation de ses équipements et de la professionnalisation de ses unités.
Pour le Royaume, l’accueil de ce sommet n’est pas un simple exercice diplomatique. Il illustre une reconnaissance internationale construite sur plusieurs années, portée par le leadership du Roi Mohammed VI et par la réputation solide de ses institutions sécuritaires, souvent sollicitées pour leur capacité à anticiper, prévenir et démanteler des réseaux liés au terrorisme et au crime organisé transfrontalier. Cet évènement vient donc couronner une politique sécuritaire qui a su associer réactivité opérationnelle, investissement technologique et partage d’expertise avec les partenaires internationaux.
Les travaux de cette Assemblée générale d’INTERPOL mettent l’accent sur les tendances criminelles qui évoluent rapidement et franchissent les frontières avec une facilité déconcertante. Les délégations planchent sur plusieurs dossiers prioritaires : l’identification et la neutralisation de la criminalité transnationale organisée, le démantèlement des centres d’escroquerie transnationaux, le renforcement des capacités policières mondiales au sein de l’organisation, ou encore la promotion de la représentativité féminine au sein des forces de police. La question du cyberespace occupe elle aussi une place centrale, avec l’évaluation du projet pilote de la “Notice d’argent” et l’appel à une adoption plus large de la Convention des Nations Unies contre la cybercriminalité, devenue l’un des terrains de prédilection des réseaux criminels contemporains.
Cette 93e session, qui se poursuivra jusqu’au 27 novembre, représente également un moment institutionnel décisif pour l’organisation, puisqu’elle procédera à l’élection des nouveaux membres du Comité exécutif, y compris son futur président. Cette instance joue un rôle clé puisqu’elle définit les orientations stratégiques d’INTERPOL entre deux sessions, en veillant à ce que les priorités adoptées répondent aux besoins réels des services chargés de l’application de la loi.
Au terme des délibérations, l’Assemblée devra trancher sur plusieurs résolutions qui orienteront la coopération internationale : méthodes de travail, usage des ressources, programmes opérationnels et adaptation permanente face à des menaces qui évoluent plus vite que les dispositifs classiques de sécurité. Le choix de Marrakech pour abriter cette réunion mondiale en dit long sur la place qu’occupe le Maroc dans cette dynamique, à la fois comme partenaire crédible, plateforme d’échanges et acteur contribuant activement à la stabilité régionale.

