L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a de nouveau réduit ses estimations concernant la consommation mondiale de pétrole pour l’année 2026. Dans son rapport mensuel publié mercredi, l’institution prévoit désormais une demande inférieure de 700.000 barils par jour aux projections établies en mai, malgré les avancées diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran.
Selon l’organisation, la consommation mondiale devrait diminuer de 1,1 million de barils quotidiens par rapport à 2025. Cette évolution est principalement attribuée aux conséquences de la hausse des prix de l’énergie provoquée par les tensions géopolitiques et les perturbations persistantes du trafic dans le détroit d’Ormuz.
Au deuxième trimestre, l’offre pétrolière a reculé d’environ 5 millions de barils par jour comparativement à la même période de l’année précédente, marquant le premier repli trimestriel observé depuis 2020 et un recul plus important que celui anticipé auparavant par l’agence.
Même si l’accord de paix attendu entre Washington et Téhéran devrait favoriser un retour progressif à la normale, l’AIE estime que les effets sur le marché ne seront pas immédiats. La réouverture du détroit d’Ormuz pourrait permettre une augmentation graduelle des volumes disponibles, mais la reprise de la demande restera limitée à court terme.
Ainsi, durant le troisième trimestre, la consommation mondiale devrait demeurer nettement en dessous des niveaux enregistrés un an plus tôt. Une amélioration ne serait perceptible qu’en fin d’année, lorsque la demande pourrait dépasser celle de 2025.
Pour 2027, les perspectives apparaissent plus favorables. L’agence anticipe une hausse de la consommation mondiale grâce à une meilleure circulation du pétrole en provenance du Golfe persique et à une détente progressive des prix sur les marchés internationaux.
Sur le plan de la production, l’AIE prévoit une contraction significative en 2026 avant un rebond marqué l’année suivante. En mai, la production mondiale s’est déjà établie à un niveau sensiblement inférieur à celui observé avant le début de la crise.
Cette situation a également entraîné une diminution rapide des réserves mondiales de pétrole. Les stocks ont enregistré en mai une baisse particulièrement importante, après un recul déjà notable le mois précédent.
L’agence souligne toutefois que ces prévisions restent fragiles. De nombreuses inconnues demeurent quant à la mise en œuvre effective de l’accord entre les États-Unis et l’Iran, à la sécurité du transport maritime dans la région et aux conséquences économiques durables de cette crise énergétique.
L’AIE avertit enfin que toute nouvelle perturbation des flux d’approvisionnement pourrait ralentir davantage le redressement économique mondial et retarder la reprise attendue du marché pétrolier.

