À Errachidia, le gouvernement a donné le signal d’un tournant décisif dans la politique de soutien à l’entrepreneuriat. Sous la présidence d’Aziz Akhannouch, Chef du gouvernement, une rencontre nationale a marqué le lancement officiel d’un mécanisme inédit de soutien direct aux très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), visant à stimuler l’emploi, renforcer la compétitivité régionale et réduire les déséquilibres territoriaux.
Ce nouveau cadre, fruit d’une coordination entre les départements ministériels, les institutions financières et les acteurs territoriaux, s’inscrit dans la dynamique de la Nouvelle Charte de l’investissement. Il repose sur un principe simple : encourager la création d’entreprises et la valorisation du capital humain dans toutes les régions du Royaume, au moyen de soutiens directs et ciblés.
Le dispositif introduit trois types d’incitations cumulables représentant jusqu’à 30 % du coût d’investissement : une aide à la création d’emplois durables, une aide territoriale pour les zones à potentiel sous-exploité, et un appui dédié aux activités stratégiques à fort impact économique ou social. L’objectif affiché est de bâtir une économie plus résiliente et équitable, en phase avec les orientations royales prônant la valorisation des territoires et la justice sociale.
Le ministre délégué chargé de l’Investissement, Karim Zidane, a insisté sur la nécessité de replacer le secteur privé au cœur de la croissance nationale, en l’érigeant en moteur principal de l’emploi et de l’innovation. Il a également appelé les fédérations professionnelles et les organisations patronales à renforcer leur rôle de catalyseur, tout en soulignant la responsabilité du secteur bancaire dans l’accompagnement de cette nouvelle génération d’investisseurs.
À ce jour, la Commission nationale de l’investissement a déjà validé 250 projets pour un montant global de 114 milliards de dirhams, susceptibles de générer près de 188.000 emplois à travers 49 provinces et 34 secteurs, allant de l’automobile aux énergies renouvelables. Cette dynamique, a rappelé le ministre, illustre la confiance croissante des investisseurs dans le potentiel économique du Maroc.
Pour Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique et de l’Emploi, ce programme marque une rupture historique dans la politique publique en faveur des TPME. Il a souligné que plus de 73 % des emplois formels au Maroc émanent de ces structures, appelées à jouer un rôle accru dans la création de valeur et la transformation des territoires. Ce soutien direct, a-t-il ajouté, constitue un levier concret pour renforcer la compétitivité des petites entreprises et consolider leur place dans la chaîne productive nationale.
Le secteur de l’artisanat et de l’économie sociale, représenté par Lahcen Essaadi, est également concerné. Pour ce dernier, le dispositif permettra d’accompagner la structuration d’un tissu artisanal qui emploie près de 2,7 millions de personnes, contribuant à la montée en gamme des produits marocains et à une meilleure intégration des femmes et des jeunes dans l’économie locale.
Du côté du secteur financier, Mohamed El Kettani, représentant du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), a salué cette orientation volontariste. Il a annoncé que les discussions avec Bank Al-Maghrib sont en cours pour formaliser une offre de financement complémentaire, précisant qu’un accord-cadre sera signé le 4 décembre prochain afin d’amplifier l’effet de levier du dispositif. En attendant, les établissements bancaires continueront d’assurer un accompagnement actif des entrepreneurs à l’échelle nationale.
Le Chef du gouvernement a annoncé le déploiement de caravanes régionales de sensibilisation, organisées par les Centres régionaux d’investissement (CRI). Leur mission : informer les porteurs de projets, simplifier les démarches et garantir un accès équitable à l’ensemble des dispositifs de soutien.
Par cette initiative, le gouvernement entend donner corps à une vision décentralisée du développement, où chaque territoire devient un espace d’opportunité et d’innovation. L’ambition est claire : placer la TPME au cœur du nouveau modèle économique, en conjuguant inclusion, performance et durabilité.

