À mesure que les heures passent, l’eau gagne du terrain et réduit l’espace urbain. À Ksar El Kébir, la progression des crues transforme la vigilance en urgence, tandis que la ville se rapproche d’une situation de quasi-isolement.
La pression hydrique continue de s’intensifier à Ksar El Kébir, où la montée des eaux s’est accélérée depuis le début de la journée de jeudi. Des observateurs locaux rapportent une élévation constante du niveau des crues, dessinant un scénario de plus en plus contraignant pour la ville et ses habitants.
Dans plusieurs secteurs résidentiels, dont Azzabi Rifaï et Al Marina, l’eau a déjà atteint des seuils critiques et poursuit sa progression. Cette situation est alimentée par les volumes importants acheminés vers l’oued Loukkos, conséquence directe des lâchers opérés en amont et des apports hydriques provenant des provinces situées en altitude.
Sur le terrain, la configuration devient particulièrement complexe. La ville se retrouve prise en étau entre la crue des eaux de surface et la saturation du réseau d’assainissement. Dans les zones les plus basses, les systèmes d’évacuation ne parviennent plus à fonctionner normalement, freinés par le niveau élevé du cours d’eau principal, ce qui provoque des accumulations rapides dans l’espace urbain.
Une dynamique encore préoccupante
Les données recueillies localement ne laissent guère entrevoir d’accalmie immédiate. Les bassins versants continuent d’être alimentés par des précipitations soutenues, largement supérieures aux normales saisonnières, tandis que les sols, déjà gorgés d’eau, favorisent un ruissellement massif vers les oueds.
Dans ce contexte, le barrage Oued El Makhazine fonctionne à un régime de gestion intense. Les apports excédentaires y sont évacués à un rythme élevé, reflet de la charge hydrique exceptionnelle pesant à la fois sur l’ouvrage et sur le réseau fluvial situé en aval.
Une accessibilité réduite au strict minimum
L’impact se fait également sentir sur la mobilité. Ksar El Kébir ne disposerait plus que d’un axe praticable, orienté vers la zone de Tatoft, un secteur relativement préservé en raison de son altitude. C’est là que se sont regroupées les cellules de coordination, les autorités locales et les équipes mobilisées pour les opérations d’assistance et d’évacuation.
Le processus d’évacuation est désormais bien avancé. La majorité des habitants des quartiers exposés ont quitté leurs logements, tandis qu’un nombre limité de personnes a fait le choix de rester, malgré les consignes répétées appelant à la prudence.
Parallèlement, les conditions de vie se détériorent. Des coupures affectant l’alimentation en eau et en électricité dans plusieurs secteurs compliquent le quotidien et renforcent la vulnérabilité des populations encore présentes. Les acteurs locaux alertent sur les risques encourus si la montée des eaux se poursuit au rythme actuel.
Les autorités maintiennent une surveillance étroite de la situation et poursuivent leurs interventions sur le terrain, alors que l’évolution des prochaines heures est jugée déterminante pour l’ensemble de la ville.

