Dans un contexte de fortes tensions sur les marchés énergétiques, les États-Unis ont décidé d’autoriser, de manière exceptionnelle, la commercialisation de pétrole iranien actuellement immobilisé en mer. Cette mesure, valable jusqu’au 19 avril, concerne les cargaisons stockées avant le 20 mars.
Selon le département du Trésor américain, cette initiative vise à injecter rapidement des volumes supplémentaires sur le marché international afin de contenir la hausse des prix de l’énergie, fortement impactés par le conflit en cours au Moyen-Orient.
Au total, près de 140 millions de barils pourraient être remis en circulation, contribuant à renforcer l’offre mondiale et à atténuer les tensions sur l’approvisionnement. L’autorisation a été mise en place par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), l’organisme chargé de la gestion des sanctions économiques américaines.
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a précisé qu’il s’agit d’une décision « strictement limitée dans le temps », permettant de débloquer des cargaisons déjà existantes sans remettre en cause l’ensemble du dispositif de sanctions. Il a souligné que cette opération devait permettre d’augmenter rapidement les volumes disponibles sur le marché mondial et de réduire les tensions conjoncturelles sur les prix.
Au-delà de son impact immédiat, cette décision s’inscrit également dans une stratégie plus large vis-à-vis de Iran. Washington entend utiliser cette marge de manœuvre comme levier, tout en poursuivant ses actions militaires aux côtés d’Israël dans le cadre de l’opération « Epic Fury », lancée fin février.
Cette mesure intervient dans un environnement particulièrement instable, marqué notamment par les perturbations dans le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique par lequel transite près de 20 % des flux mondiaux de pétrole et de gaz. Les attaques répétées contre les infrastructures énergétiques régionales ont accentué les inquiétudes, contribuant à la volatilité des cours.
Vendredi, les prix du pétrole ont poursuivi leur progression, tout en restant en dessous de la barre des 120 dollars le baril, un seuil approché à plusieurs reprises depuis le début de l’escalade des tensions.

