Alors que la confrontation entre Israël et l’Iran fait monter la température dans toute la région, Bagdad s’efforce de jouer les médiateurs pour éviter un embrasement sur son territoire. Selon une source sécuritaire de haut niveau, l’Irak a officiellement demandé à Téhéran de ne pas viser les intérêts américains présents sur son sol.
Coincé entre deux alliances stratégiques — son voisin iranien avec qui il partage une longue histoire politique, religieuse et économique, et son partenaire militaire américain — Bagdad pratique depuis des années une délicate diplomatie d’équilibriste.
« Oui, cette demande a bien été transmise à l’Iran. Nous avons reçu des assurances positives de leur part. Les autorités iraniennes ont fait preuve de compréhension », a confié le responsable sous couvert d’anonymat, évoquant la nature hautement sensible de ces échanges.
Sur le terrain, près de 2 500 soldats américains restent déployés en Irak dans le cadre de la coalition internationale dirigée par Washington pour combattre les résurgences du groupe État islamique. Présents à la demande du gouvernement irakien, ces contingents assurent des missions de conseil et de soutien aux forces locales.
Mais l’escalade actuelle change la donne. Avant même l’offensive israélienne contre des cibles stratégiques en Iran, Téhéran avait agité la menace de frappes contre les bases américaines si les négociations sur le nucléaire échouaient.
Parallèlement, la guerre à Gaza a ravivé les tensions : des factions armées pro-iraniennes basées en Irak ont multiplié ces derniers mois les tirs de roquettes et les attaques de drones contre des positions américaines en Irak et en Syrie. Ces actions revendiquées par des milices chiites hostiles à Washington accentuent la pression sur le fragile gouvernement irakien.
Face à la montée des risques, les États-Unis ont ordonné mercredi une réduction temporaire du personnel de leur ambassade à Bagdad, évacuant les effectifs dits « non essentiels », selon des sources officielles irakiennes.
De leur côté, plusieurs groupes armés pro-iraniens, dont les puissantes Brigades du Hezbollah irakien, ont profité de l’escalade régionale pour réclamer ouvertement le départ des troupes américaines d’Irak, brandissant la menace de nouvelles confrontations militaires au Moyen-Orient.


