Le président français Emmanuel Macron achève ce mercredi sa tournée africaine à Addis-Abeba, où il doit rencontrer le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed Ali avant une séquence diplomatique au siège de l’Union africaine.
Le chef de l’État français y prendra la parole lors d’un discours officiel, une première dans l’histoire des relations entre Paris et l’institution panafricaine. Une réunion trilatérale est également prévue avec le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, et le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.
Les échanges devraient principalement porter sur les crises sécuritaires qui secouent le continent, notamment les situations au Soudan et au Mali, mais aussi sur les enjeux liés aux énergies renouvelables et au financement des opérations de paix africaines.
Après ses étapes en Égypte puis au Kenya, où il a participé au sommet Africa Forward et rencontré le président William Ruto, Emmanuel Macron a réaffirmé sa volonté de soutenir une Union africaine davantage impliquée dans la gestion des crises du continent.
Le président français estime que l’organisation panafricaine doit disposer de moyens renforcés pour conduire ses propres initiatives de médiation et de sécurité, en coordination avec les Nations unies. La question d’une réforme du Conseil de sécurité de l’ONU, incluant une représentation plus importante de l’Afrique, figure également parmi les sujets abordés durant cette visite.
Axes de coopération fracnco-éthiopien
Emmanuel Macron et Abiy Ahmed doivent aussi évoquer les relations économiques entre les deux pays. En février dernier, Paris et Addis-Abeba ont conclu un accord portant sur la restructuration de la dette éthiopienne, accompagné d’un nouveau programme de financement de 81 millions d’euros destiné à soutenir les réformes économiques engagées par le gouvernement éthiopien.
Selon les autorités éthiopiennes, les investissements français dans le pays dépassent désormais les 600 millions d’euros, dont une part importante consacrée au secteur énergétique.
La visite intervient également dans un contexte de repositionnement stratégique de la France en Afrique de l’Est et dans la Corne de l’Afrique, alors que son influence recule progressivement au Sahel et en Afrique de l’Ouest.
Depuis 2019, Paris entretient une coopération militaire avec l’Éthiopie, notamment autour de la formation de la marine éthiopienne. Un partenariat symbolique pour ce pays enclavé, sans accès direct à la mer, mais qui ambitionne de renforcer sa présence stratégique dans la région de la mer Rouge.
Cet accord militaire, suspendu au début du conflit du Tigré en 2020 puis relancé après l’accord de paix de Pretoria en 2023, permet aux forces françaises d’assurer des formations sécuritaires en Éthiopie et sur des bases navales françaises.
Pour Paris, cette coopération représente un moyen de renforcer sa présence dans une zone stratégique proche du détroit de Bab-el-Mandeb, tout en consolidant son influence face à d’autres puissances internationales comme la Russie.
La situation régionale reste toutefois fragile. Les tensions croissantes entre l’Éthiopie et l’Érythrée autour de l’accès au port d’Assab alimentent les craintes d’une nouvelle dégradation sécuritaire.

