Le Maroc se hisse au 9ᵉ rang africain des pays les plus touchés par l’obésité en 2025. Avec près de 14 % d’adultes concernés, le Royaume illustre les tensions entre modernité urbaine, traditions alimentaires et enjeux de santé publique, c’est ce que rapporte africanexponent.
L’obésité, nouveau visage de la transition sanitaire africaine
L’Afrique connaît une transition sanitaire silencieuse mais profonde : l’obésité s’impose désormais comme l’un des marqueurs les plus frappants de l’évolution des modes de vie urbains. Des métropoles comme Lagos, Le Caire ou Johannesburg en offrent une illustration claire : la nourriture industrielle, les emplois sédentaires et les trajets quotidiens interminables façonnent de nouvelles réalités de santé publique.
Les chiffres sont implacables. Dans de nombreux pays, les taux d’obésité progressent à une vitesse supérieure en milieu urbain qu’en zones rurales. Les femmes, souvent plus touchées que les hommes, enregistrent des niveaux d’obésité parfois deux fois supérieurs, conséquence de normes sociales valorisant encore des silhouettes généreuses mais aussi de contraintes d’accès limité à des espaces d’activité physique.
Le Maroc, classé neuvième au niveau continental en 2025, n’échappe pas à cette tendance. Près de 13,8 % des adultes y sont obèses, avec une nette concentration dans les grandes villes comme Casablanca, Rabat et Marrakech. Les changements de régime alimentaire, marqués par l’essor des plats préparés, des boissons sucrées et des chaînes de restauration rapide se conjuguent à une vie citadine de plus en plus sédentaire. Dans les campagnes, les traditions alimentaires résistent encore, mais la pénétration des produits emballés modifie peu à peu les habitudes, y compris chez les jeunes générations.
Les répercussions sanitaires sont tangibles. L’augmentation des cas de diabète et d’hypertension; pathologies intimement liées au surpoids exerce une pression croissante sur le système de santé. Les femmes sont les plus affectées, révélant une fracture de genre qui mêle normes culturelles et contraintes sociales.
Sur le reste du continent, des expériences diverses dessinent une mosaïque de réponses. L’Égypte, avec un taux record de 32,5 % d’adultes obèses, a instauré une taxe sur les boissons sucrées et réformé l’alimentation scolaire. L’Afrique du Sud, pionnière en la matière, observe déjà une baisse de consommation de sodas grâce à des politiques fiscales ciblées. De l’île Maurice aux Seychelles, plusieurs nations tentent de raviver leurs traditions culinaires locales pour contrer l’influence des produits transformés.
Ainsi, à travers l’Afrique, une bataille discrète mais décisive est engagée. Elle se joue à la croisée des cultures et des politiques publiques, entre héritages alimentaires et pressions de la mondialisation. Pour le Maroc comme pour ses voisins, la question dépasse la seule sphère médicale : il s’agit d’un choix de société, d’un pari sur l’avenir des générations futures.




