Le renforcement des partenariats institutionnels africains s’impose une nouvelle fois au cœur des priorités à Rabat. La première présidente de la Cour des comptes, Zineb El Adaoui, a reçu une délégation de haut niveau du Royaume d’Eswatini, conduite par la princesse Sibahle Dlamini, dans le cadre d’un échange stratégique axé sur la gouvernance financière et le contrôle des deniers publics.
Au centre des discussions : le partage d’expertises et l’approfondissement de la coopération dans le domaine de l’audit public. La délégation comprenait notamment l’auditeur général Timothy Matsebula, ainsi que plusieurs responsables issus des institutions clés du pays, dont le Parlement, la fonction publique et le ministère des Finances.
À l’issue de la rencontre, la princesse Sibahle Dlamini a exprimé la volonté de son pays de s’inspirer du modèle marocain, reconnu pour sa maturité institutionnelle. L’objectif affiché est clair : moderniser les mécanismes de contrôle en Eswatini, renforcer le cadre juridique et restaurer la confiance des citoyens dans les institutions publiques.
De son côté, Zineb El Adaoui a souligné la portée stratégique de cette visite, inscrite dans une dynamique de coopération africaine active, notamment à travers les instances continentales telles que l’AFROSAI et les organes d’audit de l’Union africaine. Elle a rappelé que les institutions de contrôle ne se limitent pas à une mission technique, mais jouent un rôle structurant dans la consolidation d’États stables, transparents et orientés vers le développement durable.
Dans un contexte marqué par des défis multiples — crises économiques, mutations numériques, pressions environnementales —, la responsable marocaine a insisté sur la nécessité pour les institutions d’audit d’adapter leurs approches et d’anticiper les transformations à venir. Elle a également mis en avant l’importance du suivi des recommandations et de la coordination avec les différentes parties prenantes pour garantir l’efficacité des politiques publiques.
Le Maroc s’est, à cette occasion, dit prêt à partager son expérience dans plusieurs chantiers structurants, allant de la réforme de la gestion publique à la certification des comptes de l’État, en passant par l’instauration d’une culture de performance et de reddition des comptes.
Pour sa part, Timothy Matsebula a indiqué que cette visite s’inscrit dans une volonté de renforcer le dialogue stratégique entre les deux pays, tout en valorisant le rôle de l’audit comme levier d’amélioration de la gouvernance publique. Il a souligné que l’objectif dépasse le simple contrôle, pour s’inscrire dans une logique d’optimisation des performances institutionnelles et de qualité des services rendus aux citoyens.
Cette rencontre marque ainsi une nouvelle étape dans le rapprochement entre Rabat et Mbabane, illustrant une ambition partagée : faire du contrôle des finances publiques un pilier central de la gouvernance et du développement en Afrique.

