Le Maroc poursuit sa politique de protection des écosystèmes avec l’actualisation du Plan directeur des aires protégées (PDAP), désormais conçu comme un outil moderne et structurant, aligné sur les standards internationaux. Présenté mercredi à Rabat lors d’un atelier national de restitution, ce plan a été salué par Abderrahim Houmy, directeur général de l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF), comme un instrument essentiel pour préserver, valoriser et gérer le patrimoine naturel du Royaume.
Selon Abderrahim Houmy, cette nouvelle version du PDAP introduit une approche innovante de planification, reposant sur des méthodes scientifiques rigoureuses, la concertation collective et l’innovation. Elle vise à améliorer la représentativité territoriale des aires protégées tout en renforçant la connectivité écologique et la résilience face aux impacts du changement climatique.
S’inscrivant dans la stratégie nationale “Forêts du Maroc 2020-2030”, lancée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, l’actualisation du PDAP a été réalisée dans le cadre du programme “Ghabati Hayati”, financé par l’Agence française de Développement (AFD). Cette mise à jour a conduit à une refonte importante du réseau national des aires protégées. Le nombre de sites d’intérêt biologique et écologique (SIBEs) est passé de 154 recensés en 1994 à 197, tandis que la superficie totale des zones protégées atteint désormais 7,6 millions d’hectares, contre 2,5 millions auparavant. Cette progression traduit non seulement une augmentation quantitative, mais aussi une consolidation qualitative, avec l’intégration de sites jusque-là sous-représentés.
Le PDAP revisité transforme le réseau national en un système interconnecté, tenant compte des corridors biologiques et de la continuité paysagère. Cette approche favorise la résilience écologique et dépasse la simple juxtaposition de sites isolés. Elle s’accompagne de la création du Système d’information sur le patrimoine naturel (SIPN), une plateforme numérique permettant le suivi des habitats et des espèces, ainsi que l’aide à la décision pour une meilleure gouvernance environnementale.
Pour Bertrand Poche, directeur adjoint de l’AFD-Rabat, l’actualisation du PDAP et la mise en œuvre du SIPN représentent des étapes essentielles pour consolider les connaissances scientifiques sur les écosystèmes forestiers marocains. Il a souligné l’importance de la coopération franco-marocaine dans la cartographie et la gestion concertée des forêts, afin de garantir des politiques de conservation durables et efficaces face aux défis climatiques et socio-économiques.
L’atelier a également permis de présenter le cadre stratégique et les outils opérationnels du PDAP, notamment la feuille de route et l’ébauche de planification pour sa mise en œuvre. Cette initiative s’inscrit dans les engagements internationaux du Maroc, notamment le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal, et illustre la dynamique nationale en matière de protection et de restauration du patrimoine naturel.
Grâce à cette actualisation, le Maroc consolide sa position en tant que modèle de gestion durable des aires protégées, alliant vision royale, stratégie scientifique et coopération internationale, tout en renforçant la préservation de ses écosystèmes et la valorisation de ses ressources naturelles.

