Le gouvernement marocain amorce une refonte structurelle du système de tarification des médicaments, un chantier d’envergure annoncé par le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine El Tahraoui, lors d’une intervention à la Chambre des représentants. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique des réformes stratégiques du secteur de la santé, guidée par la vision royale d’atteindre la souveraineté sanitaire et de garantir un accès équitable et durable à des médicaments de qualité pour tous les citoyens.
Au cœur de cette réforme, une volonté affirmée de concilier le pouvoir d’achat des ménages marocains avec l’accès à des traitements innovants, tout en assurant la soutenabilité financière de la couverture médicale. Le ministre a mis en exergue l’importance d’un équilibre tarifaire maîtrisé, gage d’un système de santé solidaire et performant.
Un projet de décret, actuellement en phase avancée, est en cours de finalisation. Ce texte vise à recentrer les mécanismes de régulation sur les médicaments remboursables ou ceux dont l’efficacité thérapeutique est scientifiquement prouvée. Il prévoit également des dispositifs de réduction des prix, afin d’atténuer la charge financière directe supportée par les familles marocaines et de renforcer la résilience du système pharmaceutique national.
Dans cette dynamique, le ministre a salué le modèle Marbio, une initiative issue de la coopération entre les secteurs public et privé. Cette unité de production de vaccins, implantée au Maroc, constitue un jalon important dans la construction de l’autonomie sanitaire du pays et positionne le Royaume comme un fournisseur stratégique de vaccins pour l’Afrique.
La modernisation du secteur passe aussi par la dématérialisation. Une politique numérique avancée a été mise en œuvre pour simplifier les démarches administratives, en particulier celles liées à l’autorisation de mise sur le marché. Cette transformation digitale vise à accélérer les délais de traitement, à améliorer la transparence des processus et à favoriser l’efficacité institutionnelle.
Dans cette optique, des discussions sont en cours pour instaurer des accords de reconnaissance mutuelle avec des agences de régulation internationales, permettant de s’appuyer sur des évaluations scientifiques reconnues, sans compromettre les normes de sécurité, d’efficacité et de qualité.
En parallèle, le ministère de la Santé, en partenariat avec l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé, pilote la révision du décret régissant l’octroi des autorisations de commercialisation. Ce chantier englobe la numérisation des procédures et la réduction significative des délais, en vue d’une plus grande réactivité du secteur pharmaceutique.
Amine El Tahraoui a également affirmé que son département travaille de concert avec l’ensemble des parties prenantes, y compris les institutions publiques et les représentants des professionnels, à la mise à jour du Code des médicaments et de la pharmacie. Cette refonte vise à l’harmoniser avec les évolutions actuelles du système de santé et à renforcer la souveraineté pharmaceutique du Royaume.
En engageant ces réformes majeures, le Maroc réaffirme sa volonté de bâtir un système de santé inclusif, résilient et souverain, fondé sur des bases solides, capables de répondre aux défis sanitaires actuels et futurs.


