Une affaire survenue cet été à l’aéroport Marrakech-Ménara continue de susciter des réactions après qu’une ressortissante britannique a affirmé avoir été maltraitée par la police aux frontières, tandis que les autorités marocaines rejettent catégoriquement ces accusations.
Rebecca McCurry, 22 ans, était arrivée le 31 juillet à Marrakech en provenance d’un vol Ryanair avec trois amis. À sa descente de l’avion, la jeune femme s’est rendu compte qu’elle avait oublié son passeport à bord. Selon son témoignage relayé par le telegraph, elle aurait aussitôt signalé l’incident au personnel de l’aéroport, mais n’aurait pas été autorisée à remonter dans l’appareil pour récupérer son document.
Dans son récit, McCurry affirme avoir été conduite dans une salle d’interrogatoire par quatre policiers qui se seraient moqués d’elle en la qualifiant de « petite fille » Elle raconte avoir subi des crises d’angoisse et des malaises répétés liés à un problème de santé chronique, sans recevoir de prise en charge. La touriste britannique affirme également avoir été laissée dans un restaurant de type KFC au sein de l’aéroport. Elle précise n’avoir rien consommé sur place, car elle est vegan, ce qui, selon elle, a accentué son sentiment d’abandon et d’angoisse..
La version officielle marocaine
Face à ces déclarations largement relayées dans la presse britannique, la préfecture de police de Marrakech a publié un communiqué de démenti. Selon la DGSN, la passagère étrangère est arrivée sans document de voyage valide, condition indispensable pour pénétrer sur le territoire national. Les services de sécurité affirment avoir vérifié les caméras de surveillance, sans trouver d’élément confirmant les accusations portées contre leurs agents.
La police souligne également que des recherches menées avec la compagnie aérienne et les services aéroportuaires n’ont pas permis de retrouver le passeport à bord de l’avion au moment des faits. La voyageuse a donc été refoulée, conformément à la réglementation en vigueur, et redirigé vers son pays d’origine le jour même.
L’épilogue du passeport égaré
Quelques jours plus tard, Ryanair a annoncé que le document avait finalement été récupéré… mais à Édimbourg, dans le même siège occupé par la passagère lors de son vol aller. La compagnie aérienne a confirmé que l’accès au Maroc lui avait été refusé à la demande des autorités locales, faute de passeport présenté à son arrivée.
De son côté, McCurry, qui exerce comme assistante en garde d’enfants en Écosse, estime avoir été victime d’un manque de considération et d’un excès de rigidité des services de l’aéroport. Elle affirme vouloir partager son expérience pour alerter d’autres voyageurs sur les conséquences parfois lourdes d’un simple oubli de documents dans des pays aux procédures strictes.
Rebecca McCurry raconte son expérience comme si elle avait vécu une situation d’errance prolongée, à l’image de Mehran Karimi Nasseri, le réfugié iranien qui avait passé dix-huit ans dans l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle et dont l’histoire a inspiré le film The Terminal.
La comparaison reste toutefois très éloignée de la réalité. Contrairement à Nasseri, la jeune Écossaise n’a passé que quelques heures dans l’enceinte de l’aéroport de Marrakech avant d’être réacheminée vers son pays. Ryanair a d’ailleurs confirmé que son passeport n’était pas présent à bord de l’avion au moment de l’incident, ce qui a conduit les autorités marocaines à lui refuser l’entrée, conformément aux règles internationales imposant la présentation d’un document de voyage valide.

