La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a marqué les débats du Forum de l’OCDE sur les minéraux critiques, tenu en Turquie, en portant un message à la fois politique et structurel : les minéraux stratégiques ne sont pas une simple question économique. Les transitions énergétique et numérique qui se jouent aujourd’hui sont, à leur racine, des transformations sociales et politiques profondes qui reconfigurent les fondements mêmes de nos démocraties.
C’est sur cette base que la ministre a appelé à une rupture franche avec les pratiques qui se satisfont du minimum en matière de protection environnementale et de développement social. Les politiques minières qui ne placent pas les populations au cœur de leurs priorités n’ont plus de justification : Leila Benali l’a dit sans détour devant les participants du forum.
Sur le plan opérationnel, elle a défini trois axes prioritaires pour sécuriser l’avenir des minéraux critiques. La mobilisation de financements durables, d’abord. Le passage des restrictions commerciales à des accords d’approvisionnement de long terme, ensuite. La mise en place, enfin, de mécanismes de prix capables d’équilibrer les intérêts des pays producteurs et ceux des pays consommateurs, une équation que les négociations internationales peinent encore à résoudre.
L’Afrique a tenu une place importante dans l’intervention de la ministre. Leila Benali a mis en avant l’ambition du continent dans le secteur minier, à travers la création d’un référentiel ESG africain commun. Ce cadre de standards partagés vise à positionner l’Afrique, qui abrite près de 30 % des ressources minières mondiales, non plus en simple fournisseur, mais en partenaire actif de l’économie verte de demain.
Quant au Maroc, la ministre l’a présenté comme un modèle fondé sur des réformes structurelles ambitieuses, pensées pour renforcer l’attractivité des investissements et maximiser la valeur ajoutée dans le secteur minier. Gouvernance efficace, infrastructures avancées, vision régionale affirmée : ces atouts combinés placent le Royaume parmi les pays en mesure de jouer un rôle central dans la reconfiguration des chaînes de valeur mondiales des minéraux critiques.

