À plus de 8.000 mètres d’altitude, là où l’oxygène se raréfie et où chaque pas devient une lutte contre l’épuisement, la Marocaine Nawal Sfendla vient de signer l’une des performances les plus marquantes de l’alpinisme national.
Depuis Katmandou, l’alpiniste a annoncé avoir réussi l’ascension successive de l’Mont Everest et du Lhotse dans le cadre du redoutable défi « Everest-Lhotse One Push ». Un exploit rarissime qui consiste à enchaîner les deux sommets himalayens sans véritable retour au camp de base, dans des conditions physiques et mentales particulièrement extrêmes.
Avec cette double ascension, Nawal Sfendla devient la première Marocaine à réussir cet enchaînement considéré comme l’un des plus exigeants de l’alpinisme de haute altitude. Peu de grimpeurs dans le monde parviennent à accomplir ce type de traversée dans ce que les spécialistes surnomment la « zone de la mort », au-delà des 8.000 mètres.
L’Everest culmine à 8.848 mètres, tandis que le Lhotse atteint 8.516 mètres. Deux géants himalayens reliés par une arête aussi spectaculaire qu’éprouvante, où la moindre erreur peut devenir fatale.
Ancienne professionnelle de la communication reconvertie dans l’alpinisme, Nawal Sfendla construit depuis plusieurs années un parcours méthodique sur les plus hauts sommets de la planète. Avant cet exploit, elle avait déjà gravi plusieurs montagnes emblématiques, dont le Manaslu, le Kilimandjaro, le Denali, l’Aconcagua ou encore le Mont Elbrouz.
Mais cette fois, le défi était d’une autre dimension. Après avoir atteint le toit du monde, il lui fallait encore trouver l’énergie nécessaire pour repartir immédiatement vers le Lhotse, sans véritable récupération. Un effort qui dépasse largement la seule performance sportive.
À travers ses expéditions, conférences et prises de parole, l’alpiniste marocaine défend également des thèmes liés à la résilience, à la gestion du risque et au dépassement de soi. Une approche qui donne à ses ascensions une portée bien plus large que le simple exploit personnel.

