Le quotidien sportif espagnol Marca consacre de larges éloges à Neil El Aynaoui, présenté comme le nouveau maître à jouer de l’entrejeu des Lions de l’Atlas. Auteur d’une Coupe du monde remarquée sous les ordres du sélectionneur Mohamed Ouahbi, le milieu de terrain de l’AS Rome s’est imposé comme l’un des principaux artisans du parcours du Maroc, au point d’être décrit comme le véritable régulateur du jeu marocain.
À seulement 24 ans, Neil El Aynaoui est devenu un élément incontournable de la sélection nationale. Titulaire lors des quatre premières rencontres du Mondial, il incarne l’équilibre du milieu marocain grâce à son volume de jeu, sa qualité technique et son intelligence tactique. Pour Marca, le joueur formé à Nancy est désormais « le capitaine général » de la salle des machines des Lions de l’Atlas, où il forme un trio particulièrement complémentaire avec Ayyoub Bouaddi et Azzedine Ounahi.
Le journal espagnol souligne la profonde transformation opérée par Mohamed Ouahbi depuis sa prise de fonction. Si l’équipe qui avait marqué l’histoire au Mondial 2022 sous Walid Regragui reposait sur d’autres équilibres, la nouvelle version de la sélection marocaine affiche un visage différent, avec Neil El Aynaoui comme principal chef d’orchestre au milieu du terrain.
Le profil du joueur correspond parfaitement aux exigences du football moderne. Milieu « box-to-box », capable d’alterner récupération, projection et relance, il est décrit comme un joueur omniprésent, capable de casser les lignes par la passe comme par la conduite de balle. Son activité permanente lui permet de récupérer de nombreux ballons avant de lancer rapidement les offensives marocaines.
Cette montée en puissance sur la scène internationale s’inscrit dans la continuité de son ascension en club. Révélé sous les couleurs de l’AS Nancy-Lorraine, Neil El Aynaoui avait rejoint le RC Lens en 2023 pour moins d’un million d’euros après la relégation du club lorrain. Deux saisons plus tard, ses performances lui ont ouvert les portes de l’AS Rome, qui a déboursé 23,5 millions d’euros pour s’attacher ses services, faisant de cette opération l’un des plus importants transferts de l’histoire du club nordiste.
Fils de l’ancien champion marocain de tennis Younès El Aynaoui, Neil semblait pourtant destiné à suivre une autre voie sportive. Son père a d’ailleurs confié que son fils avait grandi sur les courts de tennis jusqu’à l’âge de 10 ou 11 ans avant de se consacrer entièrement au football après le déménagement familial à Barcelone. Né d’un père marocain et d’une mère française, le milieu de terrain a choisi de défendre les couleurs du Maroc, une décision que sa famille présente comme un choix personnel mûrement réfléchi.
Son adaptation en club reste néanmoins contrastée. Malgré la confiance affichée par son entraîneur Gian Piero Gasperini, qui le décrit comme un milieu « très fiable dans les deux phases du jeu », El Aynaoui n’a pas encore obtenu un statut d’indiscutable à Rome, où il n’a été titularisé qu’à 16 reprises en 34 apparitions lors de sa première saison. Une situation qui tranche avec son importance grandissante en sélection nationale.
Déjà considéré comme l’une des révélations de la dernière Coupe d’Afrique des Nations après avoir redistribué les cartes dans la hiérarchie du milieu marocain, Neil El Aynaoui confirme aujourd’hui son changement de dimension lors de cette Coupe du monde. Son influence s’est affirmée au fil des rencontres jusqu’à atteindre son apogée lors du huitième de finale face aux Pays-Bas.
Sa prestation contre la sélection néerlandaise illustre parfaitement son impact. Le milieu marocain a été le joueur ayant touché le plus de ballons avec 156 prises de balle, tout en affichant un remarquable taux de réussite de 97 % dans ses passes. Il a également signé six récupérations décisives, remporté un grand nombre de duels et effectué 53 conduites de balle, imposant son rythme pendant toute la rencontre.
Même si son tir au but lors de la séance de penalties a trouvé le poteau, cette erreur n’a finalement pas pesé sur le résultat final grâce aux arrêts décisifs de Yassine Bounou et à la qualification du Maroc. Après la rencontre, El Aynaoui a reconnu le caractère exceptionnel d’une victoire en phase à élimination directe d’une Coupe du monde, tout en rappelant que les Lions de l’Atlas abordaient la compétition avec une approche simple : avancer match après match, conscients que chaque adversaire représente un défi plus exigeant que le précédent.
Pour Marca, une chose ne fait désormais plus de doute : si Neil El Aynaoui poursuit encore son adaptation au sein de l’AS Rome, il est déjà devenu le véritable patron du milieu de terrain des Lions de l’Atlas, symbole d’une nouvelle génération appelée à porter les ambitions du football marocain sur la scène internationale.

