Le soutien affiché par Pedro Sánchez à Lamine Yamal relance la polémique autour du drapeau palestinien brandi par le jeune joueur lors des célébrations du titre du FC Barcelona. Alors que plusieurs responsables israéliens ont dénoncé un « geste haineux », le chef du gouvernement espagnol a publiquement défendu l’international espagnol, estimant qu’il avait simplement exprimé une solidarité largement partagée en Espagne envers la Palestine.
La scène remonte à la parade organisée lundi dans les rues de Barcelone après le sacre du Barça en Liga. Âgé de 18 ans, Lamine Yamal est apparu à bord d’un bus à impériale en brandissant un drapeau palestinien sous les applaudissements d’une partie des supporters. Les images ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux, provoquant des réactions politiques bien au-delà du cadre sportif.
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a vivement critiqué le joueur sur X, accusant la jeune star catalane « d’incitation à la haine » contre Israël. Il a également appelé le FC Barcelone à se désolidariser du geste de son attaquant et à condamner toute forme de soutien au terrorisme.
Face à ces accusations, Pedro Sánchez a choisi d’intervenir publiquement. Dans un message diffusé sur le réseau social X, le Premier ministre espagnol a dénoncé les critiques visant le joueur du Barça. « Ceux qui considèrent qu’agiter le drapeau d’un État revient à inciter à la haine ont soit perdu la raison, soit été aveuglés par leur propre ignominie », a-t-il écrit. Le dirigeant espagnol a ajouté que Lamine Yamal n’avait fait qu’exprimer « la solidarité avec la Palestine que ressentent des millions d’Espagnols », affirmant être « fier » du joueur.
Quienes consideran que ondear la bandera de un Estado es “incitar al odio”, o han perdido el juicio o han sido cegados por su propia ignominia.
Lamine solo ha expresado la solidaridad por Palestina que sentimos millones de españoles. Otro motivo más para estar orgullosos de él.
— Pedro Sánchez (@sanchezcastejon) May 14, 2026
Cette prise de position intervient dans un climat diplomatique déjà tendu entre Madrid et Tel-Aviv depuis le début de la guerre à Gaza déclenchée après l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Les relations entre les deux pays se sont nettement dégradées après la reconnaissance officielle d’un État palestinien par l’Espagne en 2024. Depuis, les échanges politiques se sont durcis, tandis que Pedro Sánchez multiplie les critiques contre la stratégie militaire israélienne à Gaza, qu’il a qualifiée à plusieurs reprises de « génocide ».
Le FC Barcelona tente, de son côté, de contenir les répercussions de cette controverse. Dans un message adressé à ses supporters israéliens, le club catalan a rappelé son attachement aux valeurs de respect, de diversité et de dialogue. Le Barça a également reconnu le malaise suscité par les images au sein d’une partie de la communauté israélienne, tout en précisant que la séquence ne serait plus mise en avant dans ses futures vidéos officielles consacrées aux célébrations du titre.
L’entraîneur allemand Hansi Flick s’était montré prudent quelques jours auparavant. Interrogé sur le geste de son joueur, il avait reconnu ne pas apprécier ce type de situation avant de rappeler que Lamine Yamal était majeur et libre de ses choix personnels.
À Gaza, le soutien affiché par le prodige du Barça n’est pas passé inaperçu. Dans un camp de réfugiés ravagé par les bombardements, des artistes ont réalisé une fresque représentant Lamine Yamal tenant un drapeau palestinien parmi les décombres. Une image devenue virale, symbole de l’écho international pris par cette polémique mêlant football, politique et guerre au Proche-Orient.
Le dossier dépasse désormais largement le cadre sportif. Entre liberté d’expression, engagement politique des sportifs et tensions diplomatiques autour du conflit israélo-palestinien, l’affaire Lamine Yamal illustre la place croissante des athlètes dans les débats géopolitiques mondiaux.

