À l’approche du 1er mai 2026, l’Association marocaine de protection du consommateur alerte sur une dégradation continue du pouvoir d’achat des ménages et une montée préoccupante de leur endettement. Dans un contexte de hausse persistante des prix, l’organisation observe que de plus en plus de familles recourent aux crédits à la consommation pour faire face à des dépenses courantes, un signal jugé inquiétant pour l’équilibre financier des foyers.
Selon l’association, la pression sur les budgets ne cesse de s’accentuer, en particulier pour les classes modestes et moyennes. Les hausses touchent simultanément plusieurs postes essentiels : produits alimentaires de base comme les viandes rouges, la volaille, le poisson et les légumes, mais aussi carburants et services indispensables. Cette accumulation de charges réduit fortement la capacité des ménages à maintenir leur niveau de vie sans recourir à l’endettement.
Ce phénomène ne se limite plus aux achats exceptionnels. L’endettement s’étend désormais aux besoins quotidiens, y compris l’alimentation et les dépenses incompressibles. L’association souligne que les loyers, les frais de scolarité dans le privé, ainsi que les factures d’eau, d’électricité et de transport absorbent une part croissante des revenus mensuels. Résultat : la classe moyenne se fragilise davantage, tandis que les catégories vulnérables voient leur situation se détériorer rapidement.
À cette pression structurelle s’ajoute la question de la spéculation, particulièrement sensible à l’approche de l’Aïd al-Adha. L’association met en garde contre le rôle de certains intermédiaires et courtiers dans la hausse des prix du bétail, malgré les assurances des autorités sur la disponibilité de l’offre. Elle redoute que cette flambée prive une partie des ménages de la célébration ou les pousse à s’endetter davantage pour y faire face.
L’organisation appelle à un renforcement des contrôles pour encadrer les pratiques jugées abusives et garantir davantage de transparence sur les marchés. Elle insiste également sur la nécessité d’agir sur le volet énergétique, en relançant notamment le débat autour de la raffinerie Samir, présentée comme un levier potentiel pour réduire la dépendance aux fluctuations internationales des prix des carburants.
Face à cette situation, l’association exhorte les pouvoirs publics à prendre des mesures concrètes et rapides. Elle plaide pour une revalorisation des salaires en phase avec l’inflation, un encadrement plus strict des marchés pour limiter la spéculation et les situations de monopole, ainsi que la mise en place de dispositifs capables de soutenir les ménages les plus exposés au surendettement.
Dans un climat marqué par la cherté de la vie et l’érosion du pouvoir d’achat, l’organisation prévient qu’un déséquilibre prolongé pourrait accentuer les tensions sociales et fragiliser durablement le tissu économique et social du pays.


