La scène médiatique nationale traverse une crise structurelle profonde. La récente intervention de l’Association nationale des médias et des éditeurs met en lumière l’ampleur des dysfonctionnements qui touchent les entreprises de presse, soulignant à la fois leur fragilité économique et leurs limites organisationnelles.
Selon les chiffres présentés par l’association, 51 % des entreprises médiatiques ne disposent pas du minimum de quatre journalistes professionnels requis, illustrant la précarité qui frappe le secteur. Parmi les structures recensées : 153 entreprises ne comptent qu’un seul journaliste, 78 en emploient deux, 52 trois, et 48 quatre journalistes. Au-delà de ce minimum, 70 entreprises disposent de cinq journalistes, 49 de six, 23 de sept, 16 de huit, tandis que 65 structures regroupent plus de huit journalistes.

Ces données révèlent une réalité préoccupante : une majorité d’entreprises de presse fonctionnent avec des effectifs très réduits, parfois un seul journaliste, ce qui complique la production de contenus de qualité et met en péril la viabilité de nombreuses publications. Seule une minorité de titres peut se permettre d’employer plus d’une vingtaine de professionnels, mais cette exception confirme la règle de la sous-effectivité généralisée.
Face à ce constat, l’association appelle à un plan global de réforme du paysage médiatique national, insistant sur l’urgence d’un cadre réglementaire adapté et de mécanismes de soutien plus efficaces. L’objectif est double : garantir un avenir viable aux entreprises de presse et assurer des conditions de travail décentes pour les journalistes, véritables piliers de l’information au Maroc.

