L’ancien président du Wydad de Casablanca, Saïd Naciri a été longuement entendu ce vendredi par la chambre criminelle de première instance de la Cour d’appel de Casablanca, dans le cadre du très médiatisé dossier dit de l’« Escobar du Sahara », selon Assabah.
Devant le magistrat Ali Torchi, Saïd Naciri a livré sa propre lecture d’une série de transactions immobilières jugées suspectes, en particulier celle liée à la villa d’Ahmad Ahmad, ancien président de la Confédération africaine de football. Selon ses déclarations relayées par Assabah, il n’aurait agi qu’en tant que simple facilitateur, insistant sur le fait que l’opération impliquait un haut responsable d’envergure internationale, et qu’il aurait consulté certaines autorités, qu’il n’a toutefois pas nommées, avant de s’y engager.
Il a par ailleurs précisé que le projet initial portait sur la cession d’un appartement à Casablanca, mais que la demande du dirigeant malgache avait finalement porté sur une villa. Une rencontre à Rabat aurait scellé cet accord, accompagnée d’un versement d’environ six millions de dirhams.
Durant son audition, qui a duré près de deux heures et demie, Naciri est également revenu sur l’achat d’un bien appartenant à Belkacem Mir via une société qu’il aurait créée en 2017. Il s’est présenté comme une victime, suggérant l’existence de manœuvres orchestrées à son encontre, notamment autour de documents fournis à la police par le supposé baron de la drogue surnommé « Escobar du Sahara ».
Interrogé sur la nature de ses relations avec cet individu d’origine malienne, Naciri a expliqué l’avoir rencontré en 2013, dans un appartement dont il a ensuite appris qu’il appartenait à Abdenbi Bioui, ancien président du conseil régional de l’Oriental.
Quant à une autre affaire évoquée par la justice – celle de la vente litigieuse de biens immobiliers appartenant à l’ex-épouse de Bioui, dont une villa à Casablanca et un appartement à Oujda –, Naciri a nié toute implication directe. Il a toutefois laissé entendre que les protagonistes de cette transaction seraient plutôt Bioui lui-même et Belkacem Mir.
À mesure que les audiences se succèdent, les contours de ce dossier tentaculaire semblent se préciser, avec des révélations qui pourraient encore ébranler plusieurs cercles de pouvoir, selon Assabah.

