Rabat a accueilli, ce jeudi 12 juin, un événement d’envergure marquant la Journée mondiale du self-care, placé cette année sous le signe de la santé sexuelle et reproductive, avec un focus inédit sur la ménopause. Organisée par l’Organisation panafricaine de lutte contre le Sida (OPALS) et le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), en partenariat avec la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé, cette rencontre a rassemblé des représentants d’institutions nationales, d’organisations internationales, du corps médical et de la société civile. Une mobilisation collective qui marque un tournant dans la manière dont la santé des femmes est abordée au Maroc.
Au cœur des échanges : l’autonomisation des femmes face à une étape encore trop souvent taboue. Longtemps passée sous silence, la ménopause a pour la première fois été mise en lumière dans un cadre institutionnel. Symptômes invalidants, solitude face aux bouleversements hormonaux, risques accrus de maladies cardiovasculaires ou d’ostéoporose : les conséquences de cette transition naturelle sont lourdes mais restent peu reconnues. Cette journée a ainsi permis d’initier un dialogue national sur un sujet encore marginalisé.
L’un des temps forts de l’événement a été le lancement du premier « kit ménopause » au Maroc. Élaboré par l’Association marocaine des sages-femmes (AMSF) en collaboration avec l’UNFPA et l’OPALS, ce kit propose des outils pédagogiques, des produits naturels et des conseils pratiques pour accompagner les femmes dans cette période de changement. Cette initiative s’inscrit pleinement dans la dynamique du self-care, tel que défini par l’Organisation mondiale de la santé, en permettant aux individus de prendre soin de leur santé de manière autonome, avec ou sans l’intervention de professionnels.
Les interventions des représentants institutionnels ont mis en avant l’engagement du Maroc dans ce domaine. Le pays a été le premier de la région Méditerranée orientale à adopter les recommandations de l’OMS sur les soins auto-administrés dès 2019. Ces orientations se traduisent par des actions concrètes : accès à l’auto-test VIH, à la contraception injectable à domicile, au dépistage du HPV, ou encore à des applications pour la gestion de la fertilité. Ces mesures répondent à une volonté de renforcer l’autonomie sanitaire, d’étendre les services aux zones les plus vulnérables et de favoriser une approche centrée sur la personne.
Le ministère de la Santé et de la Protection sociale, représenté par le Dr Abdelhakim Yahyane, a réaffirmé la place centrale du self-care dans la stratégie nationale de santé sexuelle et reproductive 2021–2030. Il a souligné la nécessité d’intégrer la ménopause, la nutrition et d’autres domaines dans les politiques publiques, afin d’anticiper les besoins d’une population en mutation. L’accent a également été mis sur la formation des professionnels, la distribution d’outils adaptés et l’intégration du self-care dans les structures de proximité.
Par ailleurs, le rôle des jeunes dans la transformation des mentalités a été souligné par Fadwa Rih, cheffe de division au ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication. Elle a rappelé que l’autosoins représente un levier d’équité sociale, un droit fondamental et un moteur d’émancipation, qui doit être intégré dès les premiers programmes éducatifs.
En brisant le silence autour de la ménopause, cette édition de la Journée mondiale du self-care marque une avancée significative dans la reconnaissance des besoins spécifiques des femmes tout au long de leur vie. Le lancement du kit ménopause, les témoignages institutionnels et l’engagement des partenaires traduisent une volonté commune : replacer la santé des femmes au centre des priorités nationales, à travers une approche inclusive, humaine et durable.


