L’Observatoire marocain de la commande publique (OMCP) a dévoilé son rapport d’activité pour l’année 2025, un document qui dresse le bilan de sa première année d’opérationnalisation et esquisse les priorités pour renforcer la transparence et la performance du système des marchés publics au Maroc. Adopté par le comité délibératif de l’institution, ce rapport revient sur les réalisations majeures, les études conduites et les initiatives engagées pour structurer un dispositif national de suivi de la commande publique.
Une première année consacrée à la structuration de l’Observatoire
L’année 2025 marque un tournant pour l’OMCP, créé par décret en avril 2024 et domicilié à la Trésorerie Générale du Royaume. L’institution a consacré ses premiers mois à mettre en place les bases de son fonctionnement, à commencer par la désignation des membres de son comité délibératif, l’adoption de son règlement intérieur et l’élaboration d’une vision stratégique.
Cette vision repose sur une ambition claire : faire de l’Observatoire un centre de connaissance et d’expertise capable d’éclairer la décision publique grâce à l’analyse des données liées à la commande publique. Pour y parvenir, une feuille de route structurée autour de quatre piliers a été adoptée : la gouvernance, le pilotage stratégique, la coordination avec les partenaires et le renforcement des capacités des acteurs impliqués dans les marchés publics.
Dès son lancement, l’Observatoire a également engagé une démarche visant à diffuser une information fiable sur la commande publique et à structurer progressivement un cadre d’analyse fondé sur les données.
Deux études pour éclairer les politiques publiques
Parmi les travaux majeurs menés en 2025 figure la réalisation de deux études thématiques destinées à mieux comprendre les enjeux de la commande publique au Maroc.
La première porte sur les achats publics écologiques. Cette étude vise à analyser le potentiel de verdissement des marchés publics, à identifier les contraintes rencontrées par les administrations et à proposer des pistes d’intégration de critères environnementaux dans les procédures d’achat.
Trois segments ont été particulièrement examinés : les équipements informatiques, le mobilier de bureau et les services de nettoyage des bâtiments administratifs. Les résultats montrent que si la demande publique est importante dans ces domaines, l’intégration de critères écologiques demeure encore limitée. L’étude souligne également que l’offre de produits durables existe, mais qu’elle reste parfois plus coûteuse que les solutions traditionnelles.
Dans le domaine informatique, par exemple, le surcoût des équipements certifiés écologiques est estimé entre 5 % et 10 %, tandis que les produits écologiques dans le mobilier de bureau peuvent afficher des prix supérieurs de 20 % à 30 %. Malgré cela, les experts estiment que ces investissements pourraient être compensés par des gains environnementaux et économiques à moyen terme.
La seconde étude concerne l’introduction au Maroc des standards internationaux Open Contracting Data Standards (OCDS). Ces standards visent à structurer et publier les données relatives aux marchés publics tout au long du cycle contractuel, afin de renforcer la transparence et la traçabilité des processus d’achat.
L’étude identifie trois scénarios possibles d’adoption, allant d’une conformité minimale à une intégration complète. Les auteurs recommandent un scénario intermédiaire permettant d’améliorer la qualité des données tout en limitant les ajustements techniques nécessaires.
La donnée au cœur du pilotage de la commande publique
Au-delà des études, l’Observatoire s’est engagé dans un chantier structurant : la constitution d’une base nationale de données sur les marchés publics.
Cette base repose notamment sur la Base de données des marchés publics (BDMP), qui consolide les informations issues du portail des marchés publics et du système de gestion intégrée des dépenses. Elle doit permettre la production de statistiques fiables, l’analyse des tendances et la création d’indicateurs de performance destinés aux décideurs publics.
L’OMCP a également entrepris un travail de fiabilisation et d’harmonisation des données afin d’améliorer leur qualité et de préparer la publication d’indicateurs de suivi de la performance de la commande publique.
À terme, ces outils devraient contribuer à une meilleure compréhension de l’impact économique, social et environnemental des marchés publics au Maroc.
Coopération nationale et internationale
L’année 2025 a également été marquée par une participation active de l’Observatoire à plusieurs rencontres nationales et internationales consacrées à la commande publique et à la gouvernance des données.
L’OMCP a notamment pris part à la conférence régionale MENA sur les achats publics intelligents face au climat organisée à Rabat, ainsi qu’à plusieurs ateliers techniques sur la gouvernance des données et les achats publics durables. Ces rencontres ont permis d’échanger avec des experts internationaux et de confronter les pratiques marocaines aux expériences étrangères.
Dans le même esprit, un webinaire a été organisé avec l’Observatoire de la commande publique wallonne en Belgique afin de partager les bonnes pratiques en matière de suivi et d’analyse des marchés publics.
Des perspectives tournées vers la transparence et la durabilité
Pour l’année 2026, plusieurs chantiers sont déjà engagés. L’Observatoire prépare notamment la publication d’un guide sur les achats publics verts, destiné à accompagner les acheteurs publics dans l’intégration des critères environnementaux dans leurs procédures.
Un projet d’arrêté relatif à la communication des données à l’OMCP est également en cours d’élaboration. Ce texte doit permettre d’organiser la transmission des informations par les différentes administrations et institutions publiques afin d’alimenter la base de données nationale.
Autre étape attendue : la mise en ligne du site internet de l’Observatoire, prévue en 2026, qui devrait faciliter l’accès du public et des chercheurs aux études, rapports et analyses produits par l’institution.
Au terme de cette première année d’activité, l’OMCP pose ainsi les bases d’un dispositif appelé à jouer un rôle central dans l’amélioration de la gouvernance de la commande publique au Maroc. À travers l’analyse des données, la diffusion de connaissances et la coopération avec les acteurs publics et privés, l’Observatoire entend contribuer à une gestion plus transparente et plus efficace des marchés publics.


